Ce livre analyse La Dérive, chef-oeuvre inconnu de l’histoire du cinéma français de la réalisatrice Paula Delsol (1923-2015). Spécialiste du cinéma, Aurore Renaut en explore sa genèse, sa production et sa réception à partir d’archives et d’entretiens inédits. Au sein de cette vaste mouvance qu'est la Nouvelle Vague le personnage principal de Jacquie, interprété par l'actrice Jacqueline Vandal, est sans doute plus proche de ceux d'Agnès Varda et de François Truffaut que des jeunes gens de la haute bourgeoisie décrits minutieusement par Claude Chabrol dès son premier film Les Cousins (1959).
La Dérive
Soulignant l'orientation marginale du principal personnage féminin et certains traits communs avec Antoine Doinel, figure centrale du système narratif d'un des réalisateurs les plus emblématiques du mouvement né à la fin des années 50 Aurore Renaut note dans son introduction : « Jacquie, dans La Dérive, partage des points communs avec le personnage principal des Quatre Cents Coups (1959) de François Truffaut, même si elle est un peu plus âgée que lui. Les cinéastes de la Nouvelle Vague se sont intéressés aux jeunes hommes de leur génération ; Delsol va faire pareil avec une jeune femme, aussi perdue qu'Antoine Doinel, dont elle pourrait être la grande soeur. »
S'intéressant aux femmes cinéastes, notamment Nina Companez, objet d'un livre publié en 2024 aux éditions de La Sorbonne, l'autrice nous propose une fine analyse de cette oeuvre avant-gardiste du cinéma français des années 60, qui contrairement à Cléo de 5 à 7 (1962) de Varda et Le Mépris (1963) de Godard tomba dans l'oubli le plus total. [Après La Dérive Paula Delsol mettra plus de 10 ans à réaliser un 2e long métrage, Ben et Bénédict (1977]. Ce livre nous raconte la passionnante histoire de ce film, sans doute trop en avance pour l'époque, de sa genèse à sa production, rappelant les raisons de sa censure mais aussi l'ambivalence des critiques et des points de vue à sa sortie.
La Dérive
La Dérive que la cinéaste produira seule, encouragée par François Truffaut, sera interdit aux moins de 18 ans en raison du « comportement profondément immoral de certains personnages du film ».] Féministe avant l'heure, La Dérive heurta les mentalités en faisant le portrait d'une jeune provinciale des années 60 refusant les codes traditionnels du mariage, de la famille et de la maternité pour vivre libre, passant d'homme à homme pour le meilleur et pour le pire. Au cours des années 50, dans son institut de beauté, Delsol - qui fut aussi romancière, productrice et esthéticienne pour subsister - a recueilli les confidences de jeunes femmes venant de milieux très populaires.
Inspirée plus particulièrement par le récit de l'une d'elles elle nous montre dans La Dérive une femme tentant d'échapper à sa condition mais n'ayant pas les moyens de son émancipation se « raccroche » aux hommes qu'elle rencontre. Le long métrage se profile non seulement audacieux et moderne par son propos mais aussi par sa forme cinématographique. En effet, La Dérive mêle astucieusement fiction et documentaire captant par exemple les manifestations du Sud-Est (féria de la Pentecôte, fête votive) où évoluent les personnages. En outre, au niveau du jeu d'acteurs la cinéaste mixte professionnels (Paulette Dubost, Lucien Barjon), artistes (Pierre Barouh, jouant son propre rôle de musicien) et amis ou jeunes comédiens en début de carrière.
La Dérive
Inspirée plus particulièrement par le récit de l'une d'elles elle nous montre dans La Dérive une femme tentant d'échapper à sa condition mais n'ayant pas les moyens de son émancipation se « raccroche » aux hommes qu'elle rencontre. Le long métrage se profile non seulement audacieux et moderne par son propos mais aussi par sa forme cinématographique. En effet, La Dérive mêle astucieusement fiction et documentaire captant par exemple les manifestations du Sud-Est (féria de la Pentecôte, fête votive) où évoluent les personnages. En outre, au niveau du jeu d'acteurs la cinéaste mixte professionnels (Paulette Dubost, Lucien Barjon), artistes (Pierre Barouh, jouant son propre rôle de musicien) et amis ou jeunes comédiens en début de carrière.
La Dérive
Aurore Renaut, La Dérive, de Paula Delsol, Cinéma, éditions Gremese, collection Les films sélectionnés, 114 pages, 2026
A lire :
Bruno Bernard, Iconique Marilyn Monroe, broché, grand format, Cinéma/Photographie/Beau Livre, éditions Larousse, 272 pages, 2026
Nicolas Allard, La planète des singes - Du roman aux écrans : la fabuleuse histoire, relié, grand format, éditions Pix'n Love, collection Pop'n Love, 224 pages, 2024
Collectif, Lieux cultes du cinéma et des séries, Cinéma, grand format, éditions Larousse, 223 pages, 2024
Patrick Vanslambrouck, Henri Storck et les peintres ostendais - Ensor, Spilliaert et Permeke, Art/Cinéma, broché, grand format, éditions Snoeck, 94 pages, 2024
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Guillaume Boulangé et Christian Rolot, Histoire d’une passion : Yves Thos, affichiste de cinéma, éditions Deuxième époque, 124 pages, 2020
Simon Edelstein, Le crépuscule des cinémas, éditions Jonglez, Beau-Livre relié, grand format, 286 pages, 2020
Chloé Folens, Les métamorphoses d’Henri-Georges Clouzot, éditions Vendémiaire, collection « Cinéma », 304 pages + 32 pages d’illustration, 2017
Marianne Gray, Jeanne Moreau - Le tourbillon d’une vie 1928-2017, traduit de l’anglais par Odile Demange, éditions nouveau monde, collection « Cinéma », édition définitive, 320 pages, 2017
Claire Micallef, Marcello Mastroianni, le latin lover au miroir déformant de sa filmographie, éditions Aedon, La Septième Obsession, collection « Icones », 132 pages, 2016
Christophe Champclaux et Linda Tahir Meriau, Le Film noir, éditions Le Courrier du Livre, collection « Ciné Vintage », préface de Jean-Claude Missiaen, 176 pages illustrées en couleur, Livre + DVD, 2015
Gwénaëlle Le Gras, Michel Simon, L’Art de la disgrâce, Scope Editions, collection « Jeux d’Acteurs», 128 pages, 2010
Jean-Philippe Guerand, Bernard Blier, un homme façon puzzle, éditions Robert Laffont, 583 pages, 2009
Jean-Gabriel Fredet, Les sept vies d'Hollywood - Irons-nous encore au cinéma ? broché, grand format, enquête, éditions Stock, 328 pages, 2023
Philippe Durant, L'étoile sombre - L'égérie sacrifiée de la mode et du cinéma, broché, grand format, éditions La Manufacture de livres, 272 pages, 2022
Philippe Durant, Le fantôme du cinéma français - Gloire et chute de Bernard Natan, biographie, éditions La manufacture de livres, collection « Documents », cahier-photos 8 pages couleurs, 192 pages, 2021
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