lundi 27 septembre 2021

Eugénie Grandet

 


Avec Eugénie Grandet, l'écrivain et réalisateur Marc Dugain propose une ambitieuse adaptation cinématographique du roman de Balzac. Avec finesse et psychologie, restituant l'histoire dans le décor naturel des environs de Saumur, le cinéaste questionne à la fois - à travers ce drame réaliste et provincial du XIXe siècle - la condition féminine et le poids de l'argent et des sentiments dans  l'émancipation des femmes.


Marc Dugain a fait un intéressant travail d'adaptation  du livre du célèbre romancier, le dépoussiérant un peu pour en restituer toute la modernité à un public d'aujourd'hui. Il a mis en avant l'aspect féministe de Eugénie Grandet, que l'on trouve aussi dans La Femme de trente ans (1842) et dans d'autres de ses romans plus connus du public. Tout le film repose en milieu bourgeois sur le conflit latent entre un père (Félix Grandet) et sa fille (Eugénie Grandet).


Tyran domestique et des affaires, le richissime Félix Grandet entend tout diriger. Dans le rôle de cet Harpagon subtilement harceleur Olivier Gourmet se révèle excellent, n'en faisant jamais trop et trouvant un jeu du juste équilibre dans ce personnage à l'entêtement constant et au désir trouble de possession illimitée. La lumineuse Joséphine Japy   interprète avec beaucoup de naturel cette jeune femme prise en étau entre une mère fataliste et ce père caractériel tout puissant. 

Par la suggestion de l'image et les gros plans  de visage sur elle  le cinéaste nous laisse suggérer sa prise de conscience sociale - quoique tardive - de l'injustice de sa condition et de la violence psychologique qui lui est faite de la part du monde des hommes. Comme dans L'Echange des princesses (2018), un de ses meilleurs films, le réalisateur a soigné particulièrement l'image, l'inscrivant dans une tradition picturale. 

La beauté des paysages campagnards du Maine-et-Loire et l'atmosphère feutrée et mystérieuse qui se dégage d'intérieurs à la  Vermeer  contribuent à donner au film une puissance à la fois suggestive et esthétique. Une beauté qui cependant ne laisse jamais longtemps dissimuler la violence que sous-tend la toute-puissance de l'argent dans le film, thème largement adopté par les écrivains, du Paysan parvenu (1734) de Marivaux à L'Argent (1898) de Zola. 


Dans le film  la dissimulation du montant de sa fortune par Félix Grandet se profile comme le grand fait originel qui détraque toutes les relations humaines.   Au-delà même de ce personnage mesquin et vaniteux l'on sent bien que Balzac à travers lui  réglait ses comptes avec la société de son époque. Zola et Maupassant retiendront la leçon et iront encore plus loin que lui dans la dénonciation de l'hypocrisie de leur temps. Drame réaliste en costumes d'époque Eugénie Grandet n'est pas seulement un intéressant film psychologique. Il véhicule aussi un fort message social !

durée : 1 h 45

Eugénie Grandet, un film de Marc Dugain, d'après le roman éponyme d'Honoré de Balzac, France, 2021

Avec Joséphine Japy, Olivier Gourmet, Valérie Bonneton, César Domboy, François Marthouret










Expo Augustin Rouart - La peinture en héritage

Augustin Rouart (1907-1997)
Autoportrait au pinceau, 1944
Tempera sur toile - 35 x 27 cm
Paris, Petit Palais,
Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris
Photo : Philippe Fuzeau

Au Petit Palais l’exposition Augustin Rouart : la peinture en héritage met à l’honneur l’importante donation faite par l’écrivain Jean-Marie Rouart au musée, soit au total une douzaine d’œuvres.

Histoire de l'humanisme en Occident



Dans un intéressant ouvrage réédité le philosophe  Abdennour Bidar nous expose une histoire de l'humanisme occidental, de l'Antiquité à nos jours.
Contrairement à une idée reçue, la Renaissance ne fut pas le seul moment humaniste de l’histoire occidentale mais seulement l’un de ses foyers majeurs parmi d’autres : les religions monothéistes, l’Antiquité grecque et romaine, et bien plus tard la modernité issue des Lumières… Où en sommes-nous aujourd’hui de cette longue quête de l’homme par l’homme, et de ce processus d’humanisation dont tout humanisme travaille à faire le sens de l’histoire ? L’Occident est-il toujours à la hauteur de ses grands humanismes, et demain quel humanisme sera partageable entre toutes les civilisations de la planète ?

source : éditions Dunod

Abdennour Bidar, Histoire de l'humanisme en Occident (2e édition), éditions Dunod, collection «EXHO» , format poche, 352 pages, 2021




URSS abandonnée



Terence Abela a passé neuf ans à traverser l'ex URSS pour y dénicher des fragments du passé. Dans  l'ouvrage URSS abandonnée le photographe français célèbre à la fois la beauté et la mystérieuse intemporalité de patrimoines en péril.

lundi 20 septembre 2021

De Massoud à Massoud 20 ans après


Le 11 septembre 2021 le Monde a célébré  le terrifiant anniversaire des attaques islamistes sur New-York.  Ces attaques  avaient été précédées deux jours plus tôt par l'assassinat du mythique Commandant Ahmad Shah Massoud.

Main basse sur le magot


Au Théâtre Le Funambule l’on peut redécouvrir Main basse sur le magot (reprise), comédie survitaminée et délicieusement loufoque ayant pour cadre le monde des malfrats et le Paris des années 30.

Détours insolites en Val de Loire


Dans Détours insolites en Val de Loire, ouvrage érudit et décalé, le journaliste Sébastien Drouet et le photographe Pascal Avenet nous font découvrir 60 lieux surprenants de la région...