lundi 22 juin 2026

Expo Henri Rousseau, l'ambition de la peinture


Au Musée de l'Orangerie (Paris 1er) l'on peut découvrir une cinquantaine de toiles de Henri Rousseau (1844-1910), aussi appelé « le Douanier Rousseau ».  Peintre autodidacte, longtemps moqué et marginalisé, il est aujourd’hui considéré comme le précurseur de l’art naïf et l'un des maîtres majeurs de l'art moderne.Très stylisée, puisant souvent son inspiration dans les magazines, la peinture du Douanier Rousseau est imprégnée par une forte vision onirique et un humour discret. Son univers se profile peuplé de personnages emblématiques, de créatures fantastiques, d’animaux et de végétaux.

 La Bohémienne endormie  (1897), d’Henri Rousseau.
Prêt du MoMa de New York, The Museum of Modern Art. New York/Scala. Florence 

Par exemple dans le parcours de l'expo l'on peut découvrir La Bohémienne endormie, qui nous montre une femme reposant sous un ciel éclairé par la lune avec un lièvre, tandis qu’un lion curieux rôde autour d’elle. Tableau étrange et fantaisiste naviguant entre réalité et fantastique, finalement pas très éloigné de l'onirisme d'un  Dali ou d'un  Chirico qui renvoient  aussi tous les deux à un univers certes peuplé d'indices mais dont la perception nous échappe finalement. 

La Charmeuse de serpents, 1907, d'Henri Rousseau
huile sur toile, 169 x 189,5 cm, Musée d’Orsay, Paris

Même séduction trouble émanant de  La Charmeuse de serpents peut-être la plus célèbre de ses toiles, dans laquelle derrière l'apparente sérénité semble se dissimuler un appel à voir d'autres mondes par l'invitation musicale. La vie elle-même du peintre  se profile énigmatique. Pendant près de 20 ans le Douanier Rousseau mena une existence provinciale, travaillant à la porte de Vanves, percevant les taxes des paysans qui venaient vendre leurs produit en ville d’où le sobriquet de « Douanier » qu’Alfred Jarry lui affubla et qui lui colla à la peau pour la postérité. 

 Le Lion, ayant faim, se jette sur l’antilope  (1898-1905), d’Henri Rousseau.
Riehen.Basel/Fondation Beyeler

Complètement atypique, n’ayant suivi aucune formation artistique et raillé de son vivant, Rousseau prit sa retraite à 40 ans pour se consacrer entièrement à la peinture, sa principale passion à côté de la musique et de la poésie. Lors du fameux banquet de 1908, organisé en son honneur à Montmartre par Apollinaire,  Picasso  avait lancé cette phrase prophétique : « Nous sommes les deux plus grands peintres de notre temps, toi dans le genre égyptien, moi dans le genre moderne. »  Cette nouvelle expo sur Henri Rousseau nous rappelle en toute beauté la place centrale du  Douanier Rousseau  dans la peinture figurative de l’avant-garde française.

Expo Henri Rousseau, l'ambition de la peinture
Musée de l'Orangerie
Jardin des Tuileries, place de la Concorde
Paris 1er
horaires : ouvert tous les jours de 9 h à 18 h sauf le mardi
Nocturne jusqu'à 21h tous les vendredis
 
jusqu'au 20 juillet 2026 

Henri Rousseau
Photo © Eric Dumas

A lire :

Expo Maximilien Luce - L'instinct du paysage

Expo Antoine Villard : un indépendant au service de l'art

Expo  Les Impressionnistes à Londres - Artistes français en exil, 1870-1904

Expo La Porte des rêves Un regard symboliste

Expo Prendre les courses - Stubbs, Géricault, Degas

Expo Corot - Le peintre et ses modèles

Expo Gauguin l'alchimiste 

Expo  Peindre la banlieue, de Corot à Vlaminck

Expo Fantin-Latour - A fleur de peau !

Expo Félix Valloton - Le feu sous la glace








 




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire