Dans Sociologie de Taylor Swift Arnaud Alessandrin explore la dimension émotionnelle et commerciale du phénomène Taylor Swift. Finement, il nous montre comment à travers Swift et les réseaux sociaux toute une génération de fans se reconnaît.
Taylor Swift suscite un tel engouement que ses fans ont même adopté un nom pour se reconnaître : les Swifties. Partout dans le monde, des millions de fans analysent à chaque parution de disque les paroles des nouveaux morceaux de la star américaine sur les réseaux sociaux. Docteur en sociologie et fan de Taylor Swift, Arnaud Alessandrin nous propose dans une courte et intéressante étude de décrypter ce phénomène planétaire, mettant en exergue la forte interaction entre cette star, qui a bâti sa carrière en racontant des histoires personnelles à travers ses chansons, et les nombreuses communautés de fans (fandoms) qui gravitent autour d'elle devenant en quelque sorte des ambassadeurs de sa marque. Son livre nous rappelle aussi comment en deux décennies elle a su évoluer dans le paysage du marketing musical entre storytelling personnel, stratégies digitales et gestion des déconvenues médiatiques. Avant d'aborder de façon plus précise la personnalité de la chanteuse et ses liens étroits avec ses fans, notamment à travers l'espace numérique l'auteur écrit : « Taylor est aussi le symbole d'une vingtaine d'années qui ont vu se succéder des sujets de société essentiels, comme la vague # MeToo et le renouveau féministe, la prise de conscience écologique et climatique croissante, ou la poursuite des luttes pour les droits des minorités de genre et de sexualité.» (page 23) puis : « Il semble bien que les fans de la chanteuse soient principalement des filles, ou des femmes. Elles représentent 75 % des répondants-e.s. Suivent 20 % de garçons et 5 % de personnes qui se déclarent "non binaires" ou "trans" ou "queers" » (page 45). A travers de nombreux questionnaires et interviews de fans Arnaud Alessandrin a « palpé » la grande proximité de ces derniers avec leur idole, certains confiant qu'elle a changé leur vie ou interféré favorablement dans les relations avec leurs proches. Dans cet éloquent tableau sociologique brossé par Arnaud Alessandrin Taylor Swift apparaît aux yeux de ses fans davantage comme une « grande soeur » qu'une star. En cela elle contraste avec des artistes comme Madonna, se rapprochant d'autres comme Beyoncé ou Rihanna. Evoquant la relation entre fans le chercheur remarque: « Plus qu'une fraternité ou une sonorité, il y a du lien parce qu'il y a Taylor. Et ce lien semble synonyme de bienveillance, de soutien, d'écoute. Ces fans ne se sont jamais rencontrés et pourtant ils se comprennent. » (page 11).
Comme l'écrit l'auteur : [...] « Là réside également un des secrets de la chanteuse : écrire ses propres textes et à travers eux, interpréter des émotions générationnelles » (page 24).
Arnaud Alessandrin, Sociologie de Taylor Swift, Sociologie/Musique, éditions Double Ponctuation, 106 pages, 2026
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