lundi 2 février 2026

La Lumière ne meurt jamais


 

Avec La Lumière ne meurt jamais le Finlandais  Lauri-Matti Parppei signe un premier long métrage incisif et poétique. Explorant  la dépression avec un humour pince-sans-rire, le film se profile une exploration aventureuse  de la musique comme moyen de thérapie.
L'histoire de La Lumière ne meurt jamais nous raconte le retour improbable d'un célèbre flûtiste classique (Pauli),  dans sa petite ville natale pour se remettre d’une dépression. 

La Lumière ne meurt jamais

Il renoue avec une ancienne camarade de classe (Iris), qui lui propose de rejoindre un groupe de musique joyeusement anticonformiste.  Sur un mode narratif à la fois drôle et mélancolique Lauri-Matti Parppei nous raconte cette relation volcanique entre ce virtuose tourmenté  et cette jeune musicienne affichant sa créativité sans complexes  et même avec une certaine mégalomanie.  Dans cette expérimentation musicale à base d'objets du quotidien  - qui prend la forme d'un collectif - elle est  accompagnée de joyeux compagnons  qui partagent avec elle  le même désir de liberté et d'expression. 

La Lumière ne meurt jamais

Au-delà de  sa forme cinématographique loufoque  La Lumière ne meurt jamais laisse percer les difficultés des créateurs de sortir des schémas  culturels traditionnels  mais aussi la difficulté de vivre de son art. Pour des raisons que l'on ignore Pauli est tombé dans la dépression, suscitant l'inquiétude  de son entourage familial  et de ses amis. Au début du film  on le voit  casser son instrument,  appréhendant le concert qu'il doit donner prochainement dans une église. Dans cette crise de certitude le personnage de Pauli  nous rappelle un peu celui de Martin, personnage obsédé et prisonnier de sa virtuosité, interprété par le pianiste argentin Martin Perino dans son propre rôle dans l'intéressant film documentaire Solo (2021) d'Artemo Benki

La Lumière ne meurt jamais

Sans doute comme le personnage de Martin Pauli a été  trop exigeant  envers lui-même au point d'en tomber malade. Et d'une certaine façon la fraîche collaboration de Pauli avec ce singulier collectif, qui se concrétisera par la réalisation d'un album, peut être vue comme une sorte de thérapie. A travers cette nouvelle expérience musicale qui l'entraîne dans ses derniers retranchements,  Iris et tout le collectif l'invite à lâcher prise, à renoncer à  ses incertitudes.  

La Lumière ne meurt jamais

Lui même musicien et artiste plastique,  Lauri-Matti Parppei met l'accent dans son film avec une bonne dose d'humour sur l'aspect expérimental des improvisations  du collectif, nous suggérant malicieusement le saisissant contraste  entre  cet univers sonore loufoque et la grande musique dite   « classique  » avec ses règles précises et contraignantes.

La Lumière ne meurt jamais

Au final il en résulte un film à la fois sombre et joyeux qui se déroule dans une Finlande provinciale à la nature généreuse et inspirante. A partir de cette cohabitation entre un musicien professionnel perturbé et une bande de joyeux lurons inscrivant l'improvisation musicale comme véritable style de vie, le réalisateur finlandais nous propose un film à la fois troublant et drôle, questionnant notre rapport sensoriel au monde.

durée : 1 h 50

La Lumière ne meurt jamais, un film de Lauri-Matti Parppei, fiction, Finlande - Norvège, 2025

Casting : Samuel Kujala, Anna Rosaliina Kauno, Camille Auer




La Lumière ne meurt jamais



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