Dans
Claude Monet au fil du temps l'historien d'art
Gérard Denizeau retrace l'exceptionnel parcours de cette figure centrale de l'impressionnisme. A l'occasion de la célébration du centenaire de la mort du chef de file des impressionnistes et à l'heure de l'expo
Monet : Peindre le temps au Musée de l'Orangerie cet ouvrage constitue une belle invitation à goûter cet univers pictural aussi varié que novateur.
En peignant en extérieur et en s'intéressant aux variations d'un même motif le créateur des
Nymphéas a profondément renouvelé la manière de représenter la nature. Dans un livre à la fois érudit et vulgarisateur l'auteur nous raconte, l'accompagnant de nombreux repères biographiques, ce singulier destin artistique traversé par une vision obsessionnelle : celle d'inscrire la lumière dans ses tableaux sous toutes ses formes.
Les Tilleuls à Poissy, 1882
huile sur toile, 875 x 65 cm, collection privée
De sa rencontre décisive avec Boudin à l'âge de 18 ans, qui lui apprend à peindre la nature, à sa toile emblématique de 1874 Impression, soleil levant, qui le rend célèbre dans un climat permanent de moquerie en passant par son apprentissage ingrat dans l' atelier académique de Glayre, où il rencontre les autres futurs mousquetaires (Bazille, Renoir, Sisley...) de l'impressionnisme, le travail de Monet se révèle au coeur même de la modernité et annonce les futurs avant-gardes. Des tableaux comme Les Tilleuls à Poissy (1882) ou Champ de tulipes (1886) annoncent quelque part la fièvre fauviste.
La Pie, 1869
huile sur toile, 9 x 130 cm, musée d'Orsay
Richement illustré d'oeuvres connues ou plus confidentielles ce livre décortique de nombreux tableaux, nous familiarisant ainsi avec les nombreuses thématiques de son oeuvre ainsi qu'avec les modèles familiers de sa création - ses épouses (Camille Doncieux et Alice Hoschedé), ses fils (Jean et Michel), les enfants Hoschedé, notamment Blanche et Suzanne. L'on est interpellés par la diversité de l'oeuvre. Il y a le Monet fasciné par les métamorphoses urbaines et industrielles, « zolien » en diable, qui met en scène fiévreusement gares et ponts ferroviaires dans Le Pont du chemin de fer à Argenteuil (1874) ou La Gare Saint-Lazare (1877).
Les déchargeurs de charbon, 1875
huile sur toile, 54 x 66 cm, musée d'Orsay
Il y a un Monet scandinave, captant sur un mode intuitif et mélancolique la beauté hivernale et ses sortilèges dans La Pie (1869) ou Le Givre (1879-1880). Il y a le Monet qui représente le monde du travail sans véritable message politique comme dans Les déchargeurs de charbon. A propos de cette oeuvre Gérard Denizeau apporte cette intéressante précision : « Monet n'est pas homme à s'apitoyer sur le sort des humbles : loin du militantisme d'un Courbet ou d'un Daumier, il restera toute sa vie indifférent aux problèmes de société.(page 78). » Les lieux même de ses différentes habitations - Argenteuil (où il retrouve souvent Caillebotte), Vétheuil, Poissy, Giverny bien sûr ainsi que ses fréquents séjours européens - apportent une diversification dans ses sources d'inspiration.
Femme à l'ombrelle vers la droite, 1886
huile sur toile, 131 x 88 cm, musée d'Orsay
Choisissant de peindre à divers moments de la journée et à différentes saisons l'oeuvre de Monet semble toujours poindre vers une certaine abstraction. Et ses séries des Peupliers, des Meules, de la Cathédrale de Rouen ou des Nympheas questionnent sans doute nos capacités de perception de l'oeuvre elle-même. Clemenceau, ami de Monet, voyait par exemple dans les Peupliers un « poème panthéiste ». Dans Claude Monet au fil du temps l'auteur nous invite à mieux cerner l'univers d'un précurseur et à savourer la puissance métaphysique qui imprègne cette peinture !
Gérard Denizeau, Claude Monet au fil du temps, broché, grand format, Histoire de l'art/Beau Livre, éditions Larousse, 192 pages, 2026
Autoportrait coiffé d'un béret, 1886
huile sur toile, 56 x 46 cm, collection particulière
« Je n'ai fait que regarder ce que m'a montré l'univers. » Claude Monet
A signaler :
2 expos :
Monet : Peindre le temps
Musée de l'Orangerie
(du 30 septembre 2026 au 25 janvier 2027)
Claude Monet : Le paysage en question
Musée d'Orsay
(du 7 février 2027 au 24 mai 2027)
A lire :
Sandrine Andrews, John Singer Sargent, relié, grand format, Histoire de l'art, éditions Larousse, 128 pages, 2025
Sandrine Andrews, Gustave Caillebotte, relié, grand format, Art/Beau-Livre, éditions Larousse, 128 pages, 2024
http://blogdephaco.blogspot.com/2024/09/gustave-caillebotte.html
Pamela Corvalan, Louis de Meuron 1868-1949 : retour à l'impressionnisme, Beau Livre/Art, éditions Château & Attinger, 224 pages, 2023
http://blogdephaco.blogspot.com/2024/04/louis-de-meuron-1868-1949-retour.html#more
Albert Baertsoen - Protagoniste fin de siècle, ouvrage collectif, relié, éditions Snoeck, 300 pages, 2022
Auteurs : Johan De Smet, Stefan Huygebaert, René Vermeir, Yann Farinaux-Le Sidaner, Stephen Goddard
Eva Bester, Léon Spilliaert, essai, éditions Autrement, couleur - broché, 112 pages, 2020 http://blogdephaco.blogspot.com/2020/12/leon-spilliaert.html#more
Collectif, Henry de Groux (1866-1930) maître de la démesure, coédition musée Félicien-Rops, Namur / In Fine éditions d’art, 176 pages, 120 illustrations, reliure cartonnée contrecollée, format 24 x 28 cm, français, 2019
Delphine Lévy, Walter Sickert (1860-1942), l’art de l’énigme, éditions Somogy, 152 pages / 80 illustrations, 2016
Laure Dominique Agniel, Gauguin aux Marquises - L’homme qui rêvait d’une île, éditions Tallandier, 224 pages, 2016
Jacques-Emile Blanche, portraitiste de la Belle Epoque, ouvrage collectif, éditions des Falaises, 96 pages, 44 reproductions d’œuvres, 2016
Catalogue Albert Besnard (1849-1934) Modernités Belle Epoque, ouvrage collectif, Palais Lumière Ville d’Evian / Somogy, 300 pages, 2016
Klaus H. Carl, Le Douanier Rousseau, éditions Eyrolles, 192 pages, 2016
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