Au Théâtre Studio Hébertot (Paris 17e) l'on peut découvrir Pierrefayes, une pièce de et mise en scène par Benoît Marbot. C'est un spectacle original avec comme toile de fond la cruauté de la guerre, le désengagement des élites et le spectre de la collaboration. Les personnages de Pierrefayes sont réalistes et même si ceux des châtelains se profilent grinçants dans leur attitude conservatrice, leur relents antisémites et leur indifférence face aux difficultés rencontrées par leur entourage en temps de guerre Pierrefayes évite subtilement le piège de la caricature, invitant le public à réfléchir sur la complexité de la période et à mieux cerner les motivations de tous ces personnages s'entrecroisant dans ce château suranné et ses dépendances.
Pierrefayes - Studio Hébertot
S'inscrivant dans un climat théâtral alternant entre noirceur et légèreté, la mise en scène de Benoît Marbot brosse ici un tableau très vivant de la relation délicate entre civils et militaires qui oscille inévitablement entre diplomatie et incompréhension, violence et compromis.
Pierrefayes - Studio Hébertot
Dans une intéressante progression narrative, de l'avancée des troupes allemandes au début des combats, l'on suit cette chronique sociale et intimiste de l'an 1940 à travers des personnages qui tous participent au coeur même de l'histoire. Par leur situation privilégiée et leur égoïsme plus ou moins revendiqué la comtesse de Voisine (Delphine) et son alter ego de l'autre rive (le hautain Charles-Henri) - propriétaire d'un autre château - nous sont présentés comme des personnages pouvant s'accommoder des injustices de la guerre et de la prochaine victoire de l'Allemagne nazie.
Par contraste, dans l'histoire de Pierrefayes, un personnage altruiste (Diane) - nièce de Delphine - s'oppose à l'indifférence des deux précédents face aux situations tragiques, n'hésitant pas à se mettre en danger pour la patrie. Quant aux autres personnages de cette pièce aussi rythmée que surprenante, ils contribuent à mieux cerner les hésitations et les engagements des uns et des autres face à cette guerre qui vient bouleverser leur vie. Dans une belle brochette de personnages secondaires l'on découvrira un ecclésiastique diplomate et confident (l'Abbé), un officier têtu et patriote (Jacques), un lieutenant soupe au lait (Albert) et une domestique (Sylvie) au franc-parler.
Pierrefayes - Studio Hébertot
Par contraste, dans l'histoire de Pierrefayes, un personnage altruiste (Diane) - nièce de Delphine - s'oppose à l'indifférence des deux précédents face aux situations tragiques, n'hésitant pas à se mettre en danger pour la patrie. Quant aux autres personnages de cette pièce aussi rythmée que surprenante, ils contribuent à mieux cerner les hésitations et les engagements des uns et des autres face à cette guerre qui vient bouleverser leur vie. Dans une belle brochette de personnages secondaires l'on découvrira un ecclésiastique diplomate et confident (l'Abbé), un officier têtu et patriote (Jacques), un lieutenant soupe au lait (Albert) et une domestique (Sylvie) au franc-parler.
Le jeu des comédiens se profile tout en finesse. Et chacun d'eux à leur façon contribue à faire réfléchir le spectateur sur les situations compliquées dans lesquelles leurs personnages sont confrontés. L'on signalera aussi le raffinement de l'ensemble du dispositif théâtral, notamment à travers le décor et les costumes de Philippe Varache. A la fois moite et drôle l'atmosphère de Pierrefayes plonge le spectateur dans les ambiguïtés des multiples arrangements des civils et des beaux engagements moraux (toujours fugaces) en temps de guerre.
Pierrefayes - Studio Hébertot
De façon crue, dans sa pièce fétiche Adieu Monsieur Haffmann, Jean-Philippe Daguerre décrivait sans céder à la tentation moralisatrice le quotidien et les petites lâchetés de personnages anonymes, le tout sur fond de négoces obscurs et de petits marivaudages bourgeois. Oscillant entre intensité dramatique et humour acide, politiquement incorrect, Le repas des fauves de Vahé Katcha décortiquait sur un mode théâtral ambitieux certains mécanismes de survie en temps de guerre. Inscrivant son histoire dans un milieu aristocratique fossilisé avec comme toile de fond la collaboration, l'incertitude des choix militaires et une France en déroute Benoît Marbot nous propose avec Pierrefayes un spectacle étonnant !
durée : 1 h 25
78 bis, Boulevard des Batignolles
Pierrefayes, une pièce de et mise en scène par Benoît Marbot
Avec Amandine Doistau, Benoît Dugas, Rosa Ruiz, Maurine Dubus, Pierre-Antoine Lenfant,Valentin Papoudof et Adrien Michaux
Décor et costumes : Philippe Varache
78 bis, Boulevard des Batignolles
Paris 17e
horaires : jeudi (21 h), vendredi (21 h), samedi (21 h)
jusqu'au 17 octobre 2026
Pierrefayes - Studio Hébertot
A lire :
l'injuste, de Alexandre Amiel, Yaël Berdugo, Jean-Philippe Daguerre, Alexis Kebabs
Les Marchands d'étoiles, d'Anthony Michineau
Le Petit Coiffeur ,de Jean-Philippe Daguerre
Le Facteur, de Etienne Fraday
Rose Valland : Sauver un peu de la beauté du monde, de Maud Lesur
Le repas des fauves, de Vahé Katcha
Göring, surveillance rapprochée de l'Ogre, d'André Agard
Fausse note de Didier Caron
Comme en 14, de Dany Laurent
Adieu Monsieur Haffmann, de Jean-Philippe Daguerre
Inconnu à cette adresse, de Kressmann Taylor
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