Temple d'Hercule, Amman, Jordanie © Josef Koudelka / Magnum Photos -
Actuellement la BNF expose une centaine d’œuvres de Josef Koudelka, né en 1938. Dans Ruines le photographe d’origine tchèque, orienté vers une forte vision panoramique, honore la beauté architecturale de temples, théâtres ou tombes de nécropole.
Pour beaucoup Koudelka est le photographe du Printemps de Prague et de la vie des tribus tsiganes. En1970, il leur consacre le célèbre ouvrage Gypsies, publié aux Etats-Unis. Ce n'est qu'à la fin des années 50 que l'artiste fait usage du panoramique, si apprécié des archéologues du XIXe siècle pour leurs sites de fouilles. A partir des années 80 cette signature devient beaucoup plus présente dans l’œuvre de Koudelka, notamment à travers sa collaboration avec la Mission photographique de la DATAR. Par exemple, dans sa série Chaos, il capte la beauté inquiétante des industries du Triangle noir d’Europe centrale ainsi que les paysages apocalyptiques des traces de la guerre civile à Beyrouth. En outre, l’artiste semble particulièrement fasciné par les ruines et sensible aux thématiques du temps et de civilisation qu’elles impliquent. Fruit d'un travail s'étalant sur trois décennies l'expo Ruines met en exergue ce sujet de prédilection de l'artiste. Comme si d'emblée Koudelka souhaitait écarter tout reproche de passéisme ou de romantisme il déclarait récemment : « Les ruines, ça n’est pas le passé, c’est l’avenir qui nous invite à l’attention et à la puissance du présent. »
Timgad, Algérie, 2012 © Josef Koudelka /Magnum Photos
En tout cas, le travail photographique se profile ambitieux et captivant. Il nous invite, à travers cette centaine de photographies panoramiques en noir et blanc, à reconsidérer les principaux sites archéologiques du pourtour méditerranéen. Il émane de cette expo, simplement intitulée Ruines, une impression à la fois vague et subtile de célébration panthéiste, relevant davantage de l’expérience intime et d’une vision subjective que de la réalité béate d’ un paysage fût-il magnifique. L'on découvre ainsi, d'une autre façon, des lieux surprenants et lunaires comme le très pictural temple Amman (Jordanie) - qui rappelle certains tableaux surréalistes de Giorgio De Chririco -, les vestiges futuristes et expressionnistes de la cité antique de Timgad (Algérie) ou l'imposant temple d’Apollon de Delphes (Grèce). Par la magie de la lumière et des ombres, par l'alchimie de motifs curieux et des géométries étranges Koudelka au final nous convie à un univers paradoxal, à la fois enraciné et en perpétuel changement. Comme le note justement Héloïse Conésa, commissaire de l’exposition : « Les paysages panoramiques de Ruines révèlent comme nulle autre série de Koudelka la dualité de son regard, solaire et grave, aérien et minéral, lyrique et implacable, tout à son sujet en ce qu’il semble faire sienne cette phrase d’Albert Camus face aux ruines de Tipasa : ‘Il fallait retourner au combat avec cette lumière conquise'. »
Expo Josef Koudelka. Ruines
Galerie 2
BnF I François Mitterrand
Quai François Mauriac
Paris 13e
horaires : du mardi au samedi (10 h-19 h), dimache (13 h-19 h)
jusqu’au 16 décembre 2020
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