lundi 29 février 2016

Expos The Light of the Light, Not Not Knocking On Heaven’s Door, La redite en somme, ne s’amuse pas de sa répétition singulière + Le Païpe


Sara Favriau, Studio view of the installation, J’ai remonté le temps y avait rien à faire. Les mêmes carrosses en bois à toute allure, 2014. Courtesy of the artist and the galerie Maubert (Paris). 

Florian & Michael Quistrebert, Vue d’exposition, Hyperdelia, Galerie Crèvecoeur, Paris, 2015,
© Aurélien Mole. Courtesy galerie Crèvecoeur. 


Actuellement dans le cadre de la saison Arpenter l’intervalle (jusqu’au 16 mai), l’on peut découvrir le travail de 11 artistes au Palais de Tokyo. Parmi toutes ces expos, BLOG DE PHACO sélectionne cette semaine ses favorites.


1
 Florian et Michael Quistrebert - The Light of the Light


Florian & Michael QuistrebertOverlight S2E4 (détail), 2015. Courtesy galerie Crèvecoeur.

Visiblement, Florian et Michael Quistrebert ont un goût immodéré pour la matière et les effets de lumière. Ces deux Nantais frères - dont c’est la première exposition monographique d’envergure - proposent au visiteur une cinquantaine d’œuvres peintes de grand format. Quoique difficilement déchiffrables, leurs tableaux dégagent une forte séduction. Pivotantes et composées de toile de jute, de LED colorés, de pâte à modeler ou de peinture laque, ces œuvres jouent avec notre perception, sur un mode que l’on pourrait qualifier de « lunaire ». Elles expriment simultanément la froideur de la matière, le vertige de l’éclairage ou l’irréalité du balancement mécanique. Une peinture OVNI, quelque part entre rêve cinétique à la Julio Le Parc et bande musicale à la Space Oddity !


2
Shana Moulton - Le Païpe (installation)

Shana Moulton, Swisspering, 2013, video still. Courtesy of the artist, galerie Crèvecœur (Paris) and galerie Gregor Staiger (Zurich). 

« Je suis toujours en quête de magie, c’est une manière d’échapper à la banalité. Pour accentuer cette quête, j’ai recours aux fantasmes et aux hallucinations. » (Shana Moulton). A travers sculptures, vidéos et performances, Shana Moulton explore une dimension artistique orientée vers l’onirisme, le social et l’humoristique. Avec l’installation Le Païpe, elle se met en scène à travers des vidéos aux multiples effets psychédéliques. Elle y incarne Cynthia, son alter ego, personnage apparu dans sa série des Whispering Pines, débutée en 2002. Empruntant des références mythologiques, l’esthétique de l’ensemble se profile kitch et délirante, proposant un univers coloré à la fois sophistiqué, acide et puissant. Subtilement, l’artiste américaine puise son inspiration dans le verbiage chic et mou de la formule publicitaire et dans les réserves du bazar distractif dédié à la consommatrice américaine (fitness, loisirs créatifs, méditation, soins de beauté et gentils yogis). Une mise en scène originale de l’American way of life à la saveur de bonbon américain acidulé !

* Shana Moulton interviewée par Lia Rochas Paris, « Shana et les objets parlant » in Standart Magazine, 6 décembre 2011


3
 Simon Evans - Not Not Knocking On Heaven’s Door

Everything I Have, 2008 © Simon Evans / Courtesy of James Cohan, New York / Shanghai

Duo d’artistes, Simon Evans propose au Palais de Tokyo une vingtaine d’œuvres, dont de nouvelles productions. Ici la matière papier règne en maître de poésie et ingénieusement le duo artistique y mêle dessins, mots et collages, le plus souvent à partir d ‘éléments scotchés. Peuplé de symboles, l’ensemble laisse deviner une géographie très personnelle, parfois un peu ésotérique mais au final très séduisante. A travers listes, grilles, cartes ou diagrammes, les artistes se réapproprient les signes, proposant une intéressante relecture du quotidien sur le mode intime et labyrinthique. 


4
 Sara Favriau - La redite en somme, ne s’amuse pas de sa répétition singulière

Sara Favriau, Studio view of the installation, J’ai remonté le temps y avait rien à faire. Les mêmes carrosses en bois à toute allure, 2014. Courtesy of the artist and the galerie Maubert (Paris). 

« La cabane est un lieu fantasmé. Un abri où l’on projette un quotidien singulier où s’expriment l’intuition et la pensée », avertit Sara Favriau à propos de son installation géante, faite de tasseaux de bois taillés, sculptés et assemblés en cabanes. A la fois tentaculaire et exotique (la matière chaude de l’épicéa), cette réalisation ne manque pas de piment ! Les cinq cabanes-réceptacles sont reliées par des passerelles. Et l’on est intrigués par l’articulation minutieuse de l’ensemble et l’harmonie spatiale qui s’en dégage. Poétique et monumentale, cette sculpture au mystère paisible semble orienter le visiteur vers une idée de prolongement ou d’infini.

Palais de Tokyo
13, avenue Wilson
Paris 16e
de midi à minuit tous les jours, sauf le mardi

Expo monographique : Florian et Michael Quistrebert - The Light of the Light
Expo Simon Evans - Not Not Knocking On Heaven’s Door
Expo Sara Favriau - La redite en somme, ne s’amuse pas de sa répétition singulière

jusqu’au 16 mai 2016

+ Shana Moulton - Niveau 1 Le Païpe (Anémochories / Nouvelles œuvres in situ)

jusqu’au 11 septembre 2016

























Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire