Après avoir mis en scène 6 courts métrages entre 2009 et 2018, le réalisateur canadien Ian Tuason sort son premier long métrage, Undertone. Malgré certains emprunts aux codes classiques du genre, c'est un film d'horreur original sur fond de maternité, de deuil et de paranormal.
Animatrice d’un podcast consacré aux phénomènes paranormaux, Evy retourne dans la maison de son enfance pour veiller sa mère mourante. Un jour, elle reçoit d’étranges enregistrements. En les diffusant dans son émission, Evy réalise que les événements décrits semblent déteindre sur la réalité. Les sons deviennent de plus en plus troublants, comme si quelque chose cherchait à lui parler. Et plus elle écoute, plus la menace se rapproche...
Undertone
Inspiré par les récits et les témoignages en ligne de passionnés du paranormal Undertone a pour toile de fond les histoires incroyables, les fake news et les chansons diffusées à l'envers à l'antenne censées déceler d'innombrables messages cachés. Surtout connue pour son interprétation d'Alma, l'une des servantes insurgées dans la série The Hand maisd's Tale, Nina Kiri interprète avec conviction ce personnage de jeune femme sombrant progressivement dans l'irrationnel. Seul personnage que l'on voit tout le long du film, elle se faufile habilement dans ce thriller psychologique d'outre tombe dont la claustrophobie du décor unique - la maison de la mère - va de pair avec l'enfermement mental de l'héroïne.
Habilement Undertone distille un climat oppressant tenant en haleine le spectateur même si l'histoire comprend pas mal d'effets conventionnels comme le bric à brac de l'imagerie et des rituels religieux ou la référence à la possession démoniaque qui inondent tant de films de genre. Heureusement, Ian Tuason s'est orienté vers une certaine originalité dans une histoire de podcasteuse spécialisée dans le paranormal qui à l'approche de la mort de sa mère tombe dans une sorte de folie. L'aspect le plus intéressant du long métrage se révèle dans le processus qui conduit Evy à projeter ses peurs sur des choses qui n'existent pas. Dans la première partie du film elle nous est présentée comme une personne rationnelle, n'hésitant pas à mettre en boîte son collègue de pod-cast, personnage que l'on ne verra jamais à l'écran, mais dont la voix exaltée rappelle à intervalles réguliers la fascination et la complicité qu'il noue autant avec ses auditeurs qu'avec le monde surnaturel.
Puis dans une seconde partie, l'on voit progressivement Evy être envahie par les messages contradictoires de ses auditeurs au cours du podcast, ravivant ses angoisses nourries par son état de femme enceinte et l'approche de la mort de sa mère. Subtilement, le réalisateur canadien plonge la tension latente de son héroine dans un environnement immersif dans lequel les sonorités, sans doute davantage que l'image, constituent la clé de voûte du film et le principal intérêt.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire