lundi 20 juillet 2026

Cap Farewell


Avec Cap Farewell Anja d’Alcantara nous propose entre polar et drame familial un film intéressant et tout à fait louable mais inégal par ses raccourcis narratifs.En 2005 la réalisatrice belge sortait La Troisième vie, un documentaire sur une jeune femme nommée Purificacion incarcérée pendant onze ans, qu'elle partait filmer en Espagne deux semaines avant sa sortie de prison. Avec Cap Farewell,  oeuvre de fiction, la cinéaste confirme son intérêt pour les personnages fragilisés par la vie et pour les thèmes liés à l'enfermement social - Beyond the Steppes (2010) racontait l’histoire d’une déportée pendant la Seconde Guerre mondiale. Cap Farewell raconte celle de Toni, une jeune femme de 24 ans, qui sort de prison et doit retourner vivre chez sa mère. 

Cap  Farewell

Déterminée à renouer avec sa fille Anna, elle appréhende de retrouver Max, le père d’Anna. Outre les retrouvailles compliquées avec Max le film pointe  les difficultés relationnelles entre Toni et sa mère (Betty), quand la jeune femme sortie de prison s'aperçoit que sa fille (Anna) lui échappe  à cause de l'éducation et du mode de vie que lui a choisi  la grand-mère qui en a la garde. S'inspirant aussi des codes du film réaliste noir Cap  Farewell met en exergue la difficulté de la réinsertion de Toni, écartelée entre les retrouvailles du père (Max) de sa fille et d'un oncle  restaurateur, tous deux la renvoyant à un univers criminel et anxiogène. Dans  Cap  Farewell  la cinéaste et ses coscénaristes, Agnès Caffin, Roel Mondelaers et Stéphane Cabel nous proposent un ambitieux projet cinématographique, celui de mêler récit familial et enjeux criminels. 

Cap  Farewell

En effet, Cap  Farewell nous décrit   après sa sortie carcérale sur le mode de la fiction à la fois  les rapports compliqués d'une jeune femme  avec ses proches ainsi que le fonctionnement mafieux  de ses membre dans une ville portuaire ouverte à toutes sortes de contrebandes.  S'il y a une certaine cohésion et une réelle profondeur dans l'histoire qui est servie par des acteurs de qualité - Noée Abita, Pascale Bussières, Olivier Gourmet - et si la forme cinématographique se révèle puissante par sa représentation de la beauté venteuse des plages du Nord et par la force symbolique du phare dans l'histoire, le scénario se profile néanmoins un peu prévisible, semblant orienter le spectateur vers la simple idée (toujours la même) que Toni doit faire preuve de combativité pour se libérer d'un environnement toxique.   

Cap  Farewell

Certaines scènes tombent  un peu comme un cheveu dans la soupe comme celle de l'irruption de Toni dans la chambre d'hôpital  du gardien du port,  juste sorti du coma après avoir été sacrément amoché  par Max  ou celle  où on la voit dans le restaurant de son oncle  tenir en joue  deux mafieux rappelant  les Tontons flingueurs de Lautner. Malgré son aspect naïf et  ses dissonances narratives Cap  Farewell   est un film qui touche par sa sincérité et son propos.    Dans un rôle de femme enfant confrontée à la violence du passé et à la difficulté de retrouver ses repères professionnels,  familiaux et amoureux Noée Abita se révèle un personnage crédible dans une histoire de résilience féminine qui peut faire écho à bon nombre de thèmes de l'actualité judiciaire. 

durée : 1 h 48

Cap  Farewell, un film de Vanja d'Alcantara, Belgique | Canada | Pays-Bas, couleur, 2025 
Avec Noée Abita, Pascale Bussières, Olivier Gourmet

(sortie nationale le 22 juillet 2026)



Cap  Farewell

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