Avec Vanilla Mayra Hermosillo signe un premier long métrage à la fois touchant et rythmé. Serpentant entre drame et comédie ce film intimiste explore les relations familiales sous l'angle du point de vue d'un enfant.
L'histoire se déroule au Mexique à la fin des années 1980 dans une maison surpeuplée où sept femmes de la même famille cohabitent. Vanilla met en exergue le regard que pose Roberta (la plus jeune) sur cette communauté menacée d'expropriation. Avec réalisme et un sens de l'espièglerie Aurora Dávila interprète Roberta, fillette de 8 ans à la fois fragile et délurée, véritable électron libre évoluant dans cet environnement de sororité où elle est amenée à découvrir avec sa logique enfantine les secrets entourant le monde des adultes.
Vanilla
Le juvénile personnage de Roberta n'est d'ailleurs pas sans rappeler parfois ceux de Little Miss Sunshine et de The Florida Project,* films dans lesquels les enfants évoluent dans un certain isolement social et dans des familles dysfonctionnelles. D'un autre côté Vanilla se détache de ces deux emblématiques longs métrages par un message social beaucoup plus optimiste orienté vers la résilience et un certain néoféminisme. Personnage à part entière, la maison est le lieu où toutes ces femmes cohabitent - mère, grand-mère, arrière-grand-mère, grand-tante -, sorte de cocon familial où malgré les difficultés matérielles et les fêlures de chacune un certain ordre s'installe... même dans le chaos.
Avec un sens aigu de la mise en scène la réalisatrice s'attache à montrer l'aspect festif et convivial que peut représenter cette vie quotidienne à travers la préparation des plats, des conversations avec le voisinage ou l'amusante manière de cohabiter avec un perroquet capricieux. Dans Vanilla elle se sert de ses souvenirs familiaux pour nous décrire un espace de vie féminin excentrique et chaleureux menacé par la saisie hypothécaire de leur lieu de vie.
Dans l'histoire ces femmes ont toutes eu dans le passé des déboires avec les hommes. Et d'une certaine façon Vanilla interroge implicitement l'absence de leur place notamment dans le rôle éducatif de leurs enfants. Le film nous montre que malgré leur passé parfois lourd, malgré leurs difficultés à joindre les deux bouts il y a toujours l'amour et la solidarité comme piliers de la vie. Avec Vanilla, Mayra Hermosillo nous gratifie d'un film d'auteur certes très vivant et propice à la réflexion sur des thématiques contemporaines mais aux situations et à l'intrigue un peu prévisibles qui laissent sur sa faim.
durée : 1 h 39
Vanilla, un film de Mayra Hermosillo, drame, comédie, 2026
Avec Aurora Dávila, María Castellá, Natalia Plascencia, Paloma Petra, Rosy Rojas, Fernanda Baca, Lola Ochoa
(sortie nationale le 20 mai)
Vanilla
* The Florida Project, de Sean Baker (2017)
Vanilla
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire