lundi 23 février 2026

Expo Leonora Carrington

 

Peintre et figure majeure du surréalisme, Leonora Carrington (1917-2011) a laissé un héritage aussi singulier que radical. Riche de 126 oeuvres, l'expo fleuve qui lui est consacrée au Musée du Luxembourg (Paris 6e) nous fait découvrir une artiste voyageuse aux multiples facettes ! Pour son ami Octavio Paz, « les tableaux de Leonora sont des énigmes : il faut entendre leurs couleurs et danser avec leurs formes sans jamais essayer de les déchiffrer. Ce ne sont pas des tableaux mystérieux mais merveilleux ». Leonora Carrington  a articulé son travail autour de la fusion entre l'humain et l'animal, entre le masculin et le féminin d'où sans doute cette impression d'irrationnel et d'ambivalence qui parcourt cette oeuvre riche en symboles. 

Leonora Carrington
La joie de patinage
1941
Huile sur toile
45,7 x 60,9 cm
Collection Pérez Simon
©  2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris
© Collection Pérez Simon / Courtesy Christie's, New York

Les tableaux  de cette féministe et écologiste d'avant-garde sont   imprégnés par la  mythologie et  l'ésotérisme mais aussi par la religion et la psychanalyse.   Carrington partageait  d'ailleurs avec les surréalistes un intérêt  et une fascination pour l'occultisme et pour l'univers des rêves. A travers son oeuvre et plus que d'autres elle semble avoir même mis en scène son bonheur et ses souffrances à travers des scènes picturales exprimant un univers à la fois fantasque et excentrique.  Ce qui frappe aussi dans cet univers onirique c'est le raffinement et le luxe des détails.  Ses tableaux nous montrent une minutie et une clarté de couleur qui rappellent les techniques anciennes, tout en les réinterprétant dans un contexte surréaliste. 

Leonora Carrington
The Lovers [Les Amants]
1987
Huile sur toile 
76 x 103 cm
FAMM (Femmes Artistes du Musée de Mougins / the Levett Collection 
©  2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris
© Courtesy Gallery Wendi Norris, San Francisco

Il y a aussi dans cette peinture suggestive, qui semble toujours naviguer entre mythes et traditions populaires  une atmosphère à la fois festive et mélancolique qui peut évoquer aussi bien des paysagistes flamands comme Brueghel, des symbolistes comme Moreau que le Chagall de la période Vitebsk.  Le parcours de la rétrospective nous rappelle l'importance dans son oeuvre du surréalisme, qu'elle aborde en 1937  en tant qu’artiste peintre à part entière. Elle fréquente alors Paul Eluard, Leonor Fini, André Breton. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire de Max Ernst, qui deviendra son compagnon, qu'elle s'engouffre dans la tumulte surréaliste.   Judicieusement, en complément des tableaux et sculptures,  l'expo du Musée du Luxembourg  permet de découvrir un large choix de documents photographiques  de Carrington sur son cercle familial et ses amis surréalistes.  Exilée au Mexique, elle y passera  la majeure partie de sa vie où parallèlement à une activité de création intense elle défendra des causes humanistes. 

Expo Leonora Carrington
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard
Paris 6e
horaires : tous les jours de 10 h 30 à 19 h, nocturne tous les lundis jusqu'à 22 h

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