Mārama
Dans une intéressante progression narrative, quoique parfois un peu confuse, l'on suit le parcours de cette jeune femme maorie (Mary) fraîchement arrivée dans un manoir des landes du Yorkshire et ayant accepté un poste de préceptrice pour la fille du propriétaire (Cole). A travers le personnage de Mary c'est une histoire de vengeance, de réappropriation de l'histoire de sa famille et de son peuple que nous conte Stappard dans une sorte de récit d'initiation politico-horrifique.
Entre bon vieux thriller historique et film d'horreur l'on voit le personnage principal en quête de justice - et de ses racines - assaillie par d'horribles visions, prenant conscience au fur et à mesure que derrière la façade de l'aimable famille d'accueil du manoir se cachent de terribles secrets. Personnages méchants, violeurs et racistes que Mary ou Mārama (son nom maori) débusque comme dans l'emblématique scène très visuelle de la fête où les personnages au maquillage et aux costumes outranciers rappellent un peu le climat du Bal des vampires (1968) de Roman Polanski.
Dans ce conte cruel et viscéral le décor fait partie intégrante de l'histoire - maison maorie traditionnelle cachée dans le jardin du domaine, manoir (miroirs, tableaux), paysage sauvage de landes - et les nombreux éléments visuels (objets d'art, tatouages) semblent rappeler au spectateur autant le choc des cultures que l'injustice de la spoliation.
Si le film pèche parfois par une intrigue inutilement compliquée et peut déconcerter par son message politique, il frappe néanmoins par sa grande beauté visuelle et l'interprétation toute en finesse de Ariāna Osborne, totalement habitée par son personnage.
durée : 1 h 29
Mārama, un film de Taratoa Stappard, Nouvelle-Zélande / Royaume-Uni - Epouvante-Horreur, 2025
Avec Ariāna Osborne, Toby Stephens, Umi Myers
(sortie nationale le 15 avril)
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