lundi 12 mai 2014

Disparition de la peintre autrichienne Maria Lassnig

Maria  Lassnig, Autoportrait, 2001

Maria LassnigGirl with wine glass, 1971


Maria Lassnig (1919-2014)

Grande dame de la peinture figurative autrichienne, disparue ce 6 mai à l’âge de 94 ans, Maria Lassnig est connue depuis la fin des années 40 pour son exploration artistique du corps. Ses toiles étranges font songer à Oskar Koloschka, Egon Schiele ou encore Lucian Freud. Artiste engagée et féministe, elle reçut à Venise en 2013 un Lion d’Or pour l’ensemble de son œuvre.


Death and girl


The Biologist


You or me (2005)


Iron virgin and flashy virgin


Horizontally on two crutches (2005)


Diskretion (2009)


Energetic assistent, Ludwig Museum


Mit einen Tiger sclafen


Il est difficile de ne pas songer à Oskar Kokoschka ou Egon Schiele face aux toiles de Maria Lassnig. Même représentation sans fard du corps humain, même force et même fragilité des formes souvent distordues, voire torturées, même recours au choc des couleurs… Héritière de cette tradition autrichienne qu’elle a su réinterpréter de manière toute personnelle, Maria Lassnig, née en 1919 en Carinthie (Sud de l’Autriche), est décédée mardi 6 mai.Sa vie entière aura été consacrée à la peinture, depuis son entrée à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne lorsqu’elle avait 22 ans jusqu’à ses années de maturité et de vieillesse. Comme tant d’artistes, sa vocation s’est nourrie de voyages et de rencontres : à Paris au début des années 1950 où elle côtoie André Breton ou Paul Celan, puis à New York où elle s’installera de 1968 à 1980 pour peindre et exposer…Volontiers provocatrice, féministe convaincue, solitaire revendiquée se tenant éloignée des médias, Maria Lassnig l’indépendante avait néanmoins fait partie du "Hundsgruppe" (littéralement Groupe des chiens), influencé par l’expressionnisme abstrait et l’« action painting ».Mais c’est dans l’autoportrait et le portrait que l’artiste s’était surtout fait connaître et apprécier. Des enfants-soldats aux personnes très âgées ou malades, ses modèles racontaient -parfois avec un humour corrosif - les douleurs et les injustices de la vie. Frontalement, brutalement, confrontant le regard à une réalité déstabilisante. Comme sur ce tableau où une femme vieillie et nue tient deux armes à la main : la première pointée sur sa tempe, la seconde sur le spectateur. De même, l’omission de certaines parties du corps ou l’utilisation de coloris explosifs ajoutaient à la puissance quasi-dévastatrice de ses toiles.Expositions internationales (au Centre Pompidou en 1996) et récompenses multiples, dont le Prix Oskar Kokoschka et le Lion d’Or à la Biennale de Venise en 2013, ont jalonné le parcours de Maria Lassnig dont l’œuvre a fait l’objet de plusieurs rétrospectives dans son pays.Elle était, en outre, la première femme à occuper une chaire de professeur à l’École d’art appliqué de Vienne, depuis 1980. Et, en 2003, c’est à elle que l’Autriche avait fait appel pour être représentée à la première Biennale d’art de Pékin.

Emmanuelle Giuliani, La Croix, 7 mai 2014

















Woman Power (1979)


Insecten forscher I (2003)


Maria Lassnig lors de l'inauguration de sa rétrospective à la Serpentine Gallery (Londres), 2007


Maria  LassnigAutoportrait, 2001




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