lundi 13 janvier 2020

Hidden Village, le nouvel opus de Steve Katsikas



Avec Hidden Village l'Américain Steve Katsikas sort un opus à la fois raffiné et étrange, mêlant sonorités modernes et nostalgie des seventies.


Membre du groupe de rock progressif Little Atlas (basé à Miami) Steve Katsikas aurait passé près d’une décennie à peaufiner cet opus solo, riche de 11 titres. Pour l’enregistrement de Hidden Village le chanteur-claviériste s’est adjoint la collaboration de 20 musiciens. Le résultat final offre à entendre un opus varié et mélodique aux contours d’ailleurs davantage orientés vers le classic/art rock que le prog. Excepté « Across The Universe » (The Beatles) et l’élégante reprise de « The Gunners Dream » (Roger Waters/Pink Floyd) les 9 autres compositions sont du cru de Katsikas et témoignent à la fois de sa curiosité musicale et de la classieuse originalité de son travail d’auteur-compositeur.


Sa formation Little Atlas est réputée pour une intéressante synthèse d’influences diverses entre néoprog moderne et symphonisme, notamment sur le CD Wanderlust (2005). Plus confidentiel forcément ce 1er opus se profile particulièrement réussi avec des titres à la fois chatoyants et mélodiques,  nourris par de fines parties de piano ou de guitares (« Fall », « America »), rappelant un peu l’atmosphère rock  arty de Mick Ronson sur l'opus  Slaughter on 10h Avenue  (1974).  Etoffé par les synthés batifolants, les envolées fantomatiques de violon et de caverneux roulements percussifs « Solitary » est l’un des morceaux les plus étranges de Hidden Village. Entre black new wave, fantasmagorie krimsonienne et climat   postbowien « Solitary » se profile gothique en diable.


Quant à  « Life is a Movie », il propose une autre ambiance, à la fois space et psychédélique. Davantage orchestrés « Sleep is for Longer Days » et « Authors and Architects » s’orientent plutôt vers la musique classique. Enfin signalons « The Clock Restants »,  titre heavy/electro/funky bourré d’énergie. Il est propulsé par un astucieux chant zigzagant  ainsi qu’une rythmique endiablée, rappelant un peu le free jazz caverneux et le délicieux rock electro syncopé et futuriste de Todd Rundgren sur l'album Global (2015). Au final Hidden Village se profile un premier opus  particulièrement réussi.  On pourrait le ranger idéalement quelque part entre le tonique  The Regal Bastard (2019) du  touche-à-tout progueux Nad Sylvan et le délicat Homunculus (2018) du très confidentiel compositeur américain Aaron Brooks.

Hidden Village, Steve Katsikas, Hipkat Records, USA, 2019

Steve Katsikas






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