lundi 3 février 2014

Le cercle des illusionnistes


photo © Mirco Magliocca -  Le cercle des illusionnistes 

Avec Le cercle des illusionnistes, nouvelle création d’Alexis Michalik, l’on est d’emblée propulsé dans l’univers romantique du Paris étrange du XIXe siècle, celui des magiciens, des illusionnistes et des créateurs d'automates. La pièce nous convie aux premiers émois cinématographiques de la Belle Epoque avec comme toile de fond l’errance artistique et la découverte - initiatique - du monde des images.
Après le très attractif Le porteur d’histoires (2011), Michalik entraîne le spectateur dans les méandres d’un autre récit fleuve aventureux où s’entrecroisent les figures historiques de Robert Houdin (1805-1871), célèbre magicien, horloger et créateur d’automates, de Georges Méliès (1861-1938), créateur marginal et inventeur inspiré du cinéma ainsi que celles anonymes de deux tourtereaux (Décembre et Avril), s’étant rencontrés dans un café à la suite d’un mystérieux sac volé dans le métro. Touffue et peuplée de personnages secondaires, l’action se profile pour une large part dans le théâtre d’illusions du boulevard des Italiens, lieu emblématique et chargé qui abrite les confidences de Houdin, de Méliès, de Décembre et d’Avril.

photo © Mirco Magliocca - Le cercle des illusionnistes 

Nourri par d’innombrables péripéties et allers-retours dans le temps, par le biais de l’enfance et de l’entrée dans le monde adulte des quatre personnages principaux, Le cercle des illusionnistes nous projette dans un tourbillon d’images. Costumes, lumières, vidéos et décors, tout concourt à rentrer dans un somptueux voyage à la lisière du Cinéma et de l’Histoire. Léchée, la scénographie renvoie à un univers de cirque ou du music-hall, avec l’aspect le plus littéraire et « baroque » que peut exprimer une jolie forme théâtrale. Hélas, le texte se profile nettement moins convaincant avec des digressions souvent naïves et datées (les références à l’astronomie et à la destinée) et un agaçant traitement narratif qui, privilégiant à l’infini le fil de la causalité entre tous ces personnages, devient source de confusion et d’ennui. Les figures historiques auraient peut-être mérité un traitement plus personnalisé, moins orienté vers la métaphore philosophique. Reste une pièce ambitieuse et inhabituelle qui enveloppe le spectateur d’un fort climat. La réflexion du Cercle des illusionnistes sur le mystère de l’image, son pouvoir de fascination (et de commercialisation) - ainsi que sa portée humoristique - est particulièrement aiguisée.

durée : 1 h 30

Le cercle des illusionnistes
Texte et mise en scène : Alexis Michalik
Avec Jeanne Arènes, Maud Baecker, Michel Derville,
Arnaud Dupont, Vincent Joncquez et Mathieu Métral

La Pépinière théâtre
7, rue Louis le Grand
Paris 2e
du mardi au samedi à 20 h 30 - matinée samedi à 16 h


photo © Mirco Magliocca - Le cercle des illusionnistes 

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