lundi 27 janvier 2014

L’Eté des lucioles



Nouveau roman de Gilles Paris (Autobiographie d’une Courgette (2002), Au pays des Kangourous (2012), L'Eté des lucioles surfe agréablement vers les rivages de l’enfance sur fond de mystère familial et d’amours enfantines avec un zeste d’ésotérisme, le tout enrobé dans le cadre somptueux du Grand Hôtel de Cap-Martin et des villas disséminées du bord de mer.
Deux ans après le touchant Au pays des Kangourous, Gilles Paris nous revient avec ce roman intimiste à la forme simple, qui gravite autour d’un enfant de 9 ans (Victor Beauregard, le narrateur) et de ses proches : une mère libraire (Claire), un père lointain (François), une artiste argentine (Pilar), une sœur adolescente (Alicia). Subtilement, comme dans un Agatha Christie, l’auteur de Papa et maman sont morts y distille une série de personnages secondaires : la gardienne Rosita, le copain Gaspard, la gouvernante Augusta, les énigmatiques jumeaux Tom et Nathan, les occupants de la résidence du Grand Hôtel.

 Gilles Paris © Jean-Philippe Baltel

Tout cela donne à cet Eté des lucioles une saveur aussi étrange qu’aventureuse, quelque part entre le Club des Cinq et le Lis de mer (1956) d’André Pieyre de Mandiargues. Et il y a là dans ce livre sans prétention stylistique, aussi juvénile que déconcertant, une bien belle musique. (Trop souvent, hélas, les romans sur l’enfance frappent surtout par leur grande mièvrerie.) Dans L’Eté des lucioles, l’auteur adopte un ton juste, à la fois léger et descriptif, qui porte puissamment son récit. A travers l’évocation nostalgique de son personnage principal confronté à son entourage, Paris met en exergue la sensibilité de Victor, sa vision - déjà très affinée - de la vie ainsi que ses désirs les plus intimes. Après tout, à travers les pérégrinations enfantines de leurs personnages, les grands ténors de la littérature enfantine - de la comtesse de Ségur à Roald Dahl - ne font que ça : décrire toute l’ambiguité d’un monde à la fois irrémédiablement perdu et espace symbolique de permanence. Dans L’Eté des lucioles, Gilles Paris s’inscrit délicatement dans ce sentiment de permanence de l'enfance, proposant une œuvre drôle et émouvante. 

Gilles Paris, L'Eté des lucioles, éditions Héloïse d’Ormesson, 224 pages, 2014

A lire :


Gilles ParisAu pays des kangourous, roman,  éditions Don Quichotte, 248 pages, 2012

Yves SimonLa Compagnie des femmes, roman, éditions Stock, 283 pages, 2011

Jean TeuléMangez-le si vous voulez, éditions Julliard, 129 pages, 2009

Charles Ficat, La Colère d’Achille, roman, éditions Bartillat, 172 pages, 2006

Eléonore Cannone, Elle, pinces et dépendance, roman, éditions L'Altiplano, 192 pages, 2007


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