lundi 31 août 2026

The Good Sister

Avec The Good Sister  Sarah Miro Fischer signe un premier long métrage intimiste et dérangeant sur fond de dilemme moral face à la question du viol.

Rose est très proche de son frère aîné Sam qu’elle adore. Lorsqu’une femme (Eliza) accuse Sam de viol Rose est appelée à témoigner dans le cadre d’une enquête menée à son encontre. C’est un véritable test pour leur relation et l’intégrité morale de Rose.  L'histoire de The Good Sister  met en exergue la position ambivalente de Rose : d'un côté du moins jusqu'à un certain stade du long métrage elle couvre son frère en édulcorant vis à vis de la police certains faits qui pourraient lui nuire ; de l'autre, elle se rapproche de la victime, se rendant incognito à son institut et  remet progressivement en question ses certitudes. Dans cette histoire, malgré son autonomie financière, Rose nous apparait comme une personne peu sûre d'elle, qui semble avoir toujours végété dans l'ombre de son grand frère, sorte de substitut paternel.

The Good Sister

Au début de The Good Sister l'on voit Sam accueillir sa soeur lui demandant de l'héberger à la suite d'une rupture sentimentale. Au-delà de la thématique même du viol et de la psychologie du violeur la réalisatrice allemande semble surtout s'être intéressée à la réaction de l'entourage, à sa façon de vivre et de rationaliser ce qui est par nature « inommable » Ainsi, Rose passe par toute une gamme de sentiments comme l'incrédulité, la dénégation, la peur, la sidération. « Je ne suis pas un monstre », lui dit Sam comme si cette phrase magique suffisait à éclipser toute la charge mentale qui pèse sur Rose mais aussi sur une mère qui n'apparait que par éclipses. Subtilement, dans un film féministe, qui se profile autant comme un drame qu'une fable sociale aux accents réalistes, l'accent est mis sur une certaine banalisation du viol par l'entourage. 

The Good Sister

Sam nous est montré comme le type même du bon copain sans histoires aimant faire la fête et assumant un rôle protecteur au sein de la famille. En fait, The Good Sister nous montre toute la difficulté des membres d'une famille à accepter la réalité de la violence d'un proche, adhérant malgré eux à la thèse d'un « malentendu » entre la victime et l'auteur du viol. Au cours du film cette thèse se verra remise en question par le personnage féminin  et l'attitude et le regard de Rose évoluera dans une intéressante progression cinématographique vers un positionnement plus critique de son frère. L'originalité de The Good Sister est de montrer au spectateur sans didactisme comment un rapport familial peut se transformer en une forme d'allégeance mais aussi comment par ses valeurs et sa propre réflexion une personne peut remettre en question ce qu'elle « couvrait » alors au sujet d'une affaire de violence sexuelle. 

The Good Sister

C'est sans doute ce processus de résilience qui est au coeur de ce long métrage incisif. Marie Bloching (Rose) et Anton Weil (Sam) interprètent des personnages crédibles. Véritable moteur du film, le conflit intérieur de Rose, prise en étau entre l'homme qui est véritablement son frère et l'homme qu'elle a toujours idéalisé,  s'inscrit dans une forme cinématographique à la fois sobre et imagée. Malgré un scénario parfois un peu prévisible et une première partie comportant quelques longueurs The Good Sister dégage un fort climat psychologique et s'inscrit dans des préoccupations sociales de pleine actualité. 


durée : 1 h 36

The Good Sister, un film de Sarah Miro Fischer, drame, 2026
Titre original : Schwesterherz
Avec Marie Bloching, Anton Weil, Proschat Madani

(sortie nationale le 2 septembre 2026)



The Good Sister



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