lundi 21 janvier 2019

Expo Antoine Villard : un indépendant au service de l'art




A Mâcon le musée des Ursulines présente une centaine d'oeuvres (peintures, dessins, photographies) d'Antoine Villard (1867-1934), riche personnalité artistique, quoique méconnue aujourd'hui, orientée vers l'impressionnisme, le réalisme voire l'expressionnisme.


C'est la première grande exposition consacrée depuis plus de 50 ans à l’œuvre de ce peintre mâconnais, qui fut un tonique acteur de la vie artistique parisienne au début du XX e siècle. La plupart des oeuvres présentées sont issues de collections privées et publiques, notamment du musée des beaux-arts de Cambrai avec lequel cette exposition est coproduite. Après une carrière d'industriel (à l'image de son père banquier à Mâcon) Villard se consacra pleinement à la peinture.

Atelier - maison d'Hurigny, s.d., collection particulière

Il est connu pour avoir été l’un des premiers collectionneurs de l’œuvre du Douanier Rousseau ainsi qu'un fervent défenseur des jeunes artistes à Paris dans les années 1920. Ses premières toiles sont fortement influencées par l'impressionnisme. Friand de paysages (sa production majeure), il est particulièrement inspiré par les paysages mâconnais, depuis ses propriétés des Boutteaux et d’Hurigny. Mais, et l'expo en constitue un éloquent témoignage, Villard voyage beaucoup s'inspirant aussi de ses séjours en Bretagne (à Belle-Île-en-Mer), de la ville et de la vie urbaine (notamment Lyon et Paris avec sa couronne d’usines à la périphérie), de ses voyages tunisiens. Evoluant vers le réalisme et l'expressionnisme, sa peinture est aussi fortement imprégnée par l'architecture - ses tableaux sont toujours construits avec précision - et par les arts décoratifs.

Expo Antoine Villard : un indépendant au service de l'art - Musée des Ursulines de Mâcon

Sur la fin de sa vie, sa peinture s’intériorise et devient plus abstraite, même un peu angoissante. En dernier lieu, il observe les fumées et les vapeurs et les compare à la densité des nuages. Il meurt à Paris en 1934. L'intéressante découverte de ce peintre confidentiel pourra être complétée par celle des autres salles du musée. Installé dans un imposant bâtiment du XVIIe siècle, le musée des Ursulines propose de se familiariser avec la Bourgogne d'antan. Le rez-de-chaussée regroupe les collections archéologiques régionales de la préhistoire au Moyen Age et les expositions temporaires. Le 1er étage évoque la vie mâconnaise, le travail de la vigne, les activités liées à la Saône et abrite l'espace Lamartine. 

La Salle d’ombrage, 1921, musée des Ursulines de Mâcon (inv. 2017.10.1)-© © B. Mahuet, Musée des Ursulines de Mâcon

Cet espace comme son nom l'indique évoque Alphonse de Lamartine (Mâcon, 1790 - Paris 1869) sous différentes facettes : le poète romantique, ses voyages et lieux d’inspiration - Milly et Saint-Point -, le rôle artistique de sa femme Marianne et les paysages mâconnais. D’autres œuvres majeures évoquent l’homme public que fut Lamartine à travers son engagement politique, le gouvernement provisoire de 1848 ou l’abolition de l’esclavage par exemple et les nombreuses représentations, fidèles ou caricaturales, qui ont fait passer son image à la postérité. Enfin, les salles du 2e étage présentent un panorama des cinq derniers siècles de création artistique.

Expo Antoine Villard (1867-1934) : un indépendant au service de l'art
Musée des Ursulines
5, rue de la Préfecture
71000 Mâcon
horaires : du mardi au samedi de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; le dimanche de 14 h à 18 h

jusqu'au 21 avril 2019

Source/crédits : Autoportrait © Philip Bernard Musée des Ursulines de Mâcon




























































































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