lundi 25 avril 2016

L’Ecole de Canterbury



Dans un ouvrage fleuve, Aymeric Leroy ressuscite l’histoire méconnue de L’Ecole de Canterbury (née à la fin des années 60) incarnée à l’origine par Caravan et Soft Machine puis par des formations comme Hatfield and the North ou National Health.


Auteur d’ouvrages sur le rock progressif et spécialiste de la scène de Canterbury, dont il lui consacre depuis 1996 un site de référence [Calyx], Aymeric Leroy comble assurément un grand vide éditorial proposant un tonique coup de projecteur sur une des aventures musicales les plus originales de l’avant-garde du XXe siècle. La somme d’infos rassemblée (près de 700 pages) est d’autant plus agréable à parcourir qu’elle se profile sous la forme d’illustrations et de collage de textes courts. Nourrie par des entretiens, des repères biographiques et des infos pointues sur les disques emblématiques du mouvement, L’Ecole de Canterbury nous apprend tout sur sur ce courant musical anglais si discret, à la fois post-psychédélique et néojazzy.

Caravan, « Nine Feet Underground » live at Nearfest, 2002

Evoluant un peu en marge du rock progressif dont il est d’ailleurs souvent assimilé par commodité, la musique canterburienne se distingue par son aisance mélodique, un certain humour typiquement anglais, une mise en avant des claviers (par rapport aux guitares) et le goût de mêler plages longues atmosphériques et titres courts d’inspiration pop folk. (In The Land Of Grey And Pink (1971) de Caravan se révèle l’illustration archétype des débuts du Canterbury.) Mais la scène canterburienne se distingue aussi par la variété de ses styles avec des groupes aussi différents que Gong, Camel ou Matching Mole. Dans son livre, qui comprend outre une généalogie du mouvement et un index des 10 figures centrales de cette scène, Leroy nous suggère la grande proximité humaine et musicale entre tous les membres de ce mouvement, qui a toujours fonctionné un peu comme une grande famille. Ouvrage exhaustif et très agréable à parcourir, L’Ecole de Canterbury offre le plaisir de connaître ou de redécouvrir un mouvement d’avant-garde aussi créatif que snobé par les médias.

Aymeric Leroy, L’Ecole de Canterbury, préface de Jonathan Coe, éditions Le mot et le reste, 736 pages, 2016

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