lundi 22 juin 2026

Every Picture Tells A Story, le nouvel opus de Unicorn Umbrellas



Avec Every Picture Tells A Story  Unicorn Umbrellas nous propose un premier opus percutant quoique inégal. Formé en 2024 par le compositeur et claviériste suisse Beat Zimmermann, Unicorn Umbrellas est   un groupe de rock progressif  réunissant Michael Sadler (Saga) au chant, Todd Sucherman (Styx) à la batterie, Zllatko Perica (Tangnerie Dream) à la guitare et René Maurer (Gola) à la basse.  Issue de la sphère prog la formation  propose une musique puissante et mélodique assez proche du néoprog d'un Asia et surtout d'un Saga, ce qui n'est guère étonnant car en pleine forme et de sa voix d'opéra chaude et virevoltante le chanteur canadien  contribue fortement sur  9 titres à l'atmosphère de  Every Picture Tells A Story. Oscillant  agréablement entre  power pop  et rock symphonique les guitares et les synthés se taillent la part  du lion. Et quoique le résultat de l'ensemble se profile hétérogène   (la moitié des titres ne laissant pas un souvenir impérissable)  l'on y trouvera quelques perles, prog bien sûr. L'on notera  que le jeu de  guitare de Zllatko Perica se révèle particulièrement rodé, rappelant même  celui d'un Ian Crichton (Saga). Quant à  Beat Zimmermann aux claviers  il n'a rien à envier aux maîtres du genre -  Richard Davies (Supertramp) ou Geoffrey Downes (Yes, Buggles).  Pétillant comme un morceau de Sagacity (Saga, 2014) « The Prison Within  » ouvre l'opus avec un virevoltant crescendo guitare/batterie/ claviers.  Idéale pour un format radio, par sa rythmologie même  la chanson n'est pas sans rappeler l'entraînant  duo musical Phil Collins/Phil Bailey sur « Easy Lover »  (1984), s'orientant aussi bien  vers le néoprog des années 80  style Yes - période Drama (1980) que vers une pop légère, FM et art rock   du genre  Foreigner/Styx. 

Unicorm Umbrellas

« The Glass Wall  » se profile un des titres les plus prenants de Every Picture Tells A Story. Orienté vers un rock californien chaloupé ce morceau hybride se faufile aussi entre incursions free jazz et gros prog sympho pop style Emerson, Lake and Palmer. Quant à « Forgotten Land » c'est un titre plaisant propulsé par des guitares chaudes,  les sonorités vintage de claviers  et le feeling groove de Sadler, qui rappelle un peu  le Coverdale  de Deep Purple - dans le  funky  Come Taste The Band (1975). Propulsé par des zébrures de guitares et des envolées de claviers et synthés  « The Past    » est un titre aussi rythmé que nostalgique sur la perception du passé    (The Past Every picture tells a story, every wound reflects the pain/If the past remains the teacher, the lessons learnt forever will remain).  Le timbre de Sadler s'y promène habilement entre sonorités funky, prog et classique.  Sans être désagréables d'autres titres ponctuent le CD  mais comme par exemple  « I Regret », trop connoté prog FM style Toto/Asia/John Wetton sentent un peu le réchauffé.  Malgré ces faiblesses inhérentes au genre Unicorn Umbrellas se révèle néanmoins surprenant  avec des chansons  de caractère.  Every Picture Tells A Story se profile même comme une petite bouffée musicale d'air frais dans cette époque musicale boiteuse dans laquelle variété larmoyante, rap sinistre et nullités labellisées aux rayons « Pop»,   «Rock»,  « Electro »   tiennent fièrement le haut du pavé et font vivre des journalistes autoproclamés   «rock »   !

Every Picture Tells A Story,  Unicorn Umbrellas, label B @ Records, Suisse, 2026

«  The Prison Within » [CD Every Picture Tells A Story]

«  The Glass Wall » [CD Every Picture Tells A Story]

«  The Past » [CD Every Picture Tells A Story]

«  Forgotten Land » [CD Every Picture Tells A Story]


A signaler :

chronique CD Beyond Shadowland (2024)

chronique CD Sagacity (2014)



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire