lundi 30 mars 2026

I swear


Dans I swear Kirk Jones réussit le pari d’un film plein d’humanité et de vitalité, mêlant drame et humour, sur la trajectoire hors normes d’un homme affecté par le syndrome de Tourette.
 Inspiré  de la vie de Jon Davidson, I swear raconte son histoire depuis son adolescence dans les années 80. Dans sa prestation de Jon Robert Aramayo est vraiment bluffant, réaliste sans être trop théâtral, avalant ses tics à l'écran entre deux jurons et remarques bien salaces. Kirk Jones semble s'être intéressé autant à la façon  qu'a Jon de « gérer » au mieux sa maladie neurologique qu'aux conséquences qu'elle entraîne dans son environnement proche. 

I swear

Dans la première partie du film il nous décrit une famille épuisée au bord de l'implosion. Abruti de médicaments, incompris au lycée et méprisé par ses parents, le réalisateur nous montre un être  en souffrance incapable tout autant d'autonomie que d'affronter  ses démons de manière sereine. Puis progressivement  l'histoire de I swear prend une nouvelle direction lorsqu'il est hébergé chez la mère d'un ancien copain, atteinte d'un cancer. L'on suit  alors Jon dans ses tentatives de trouver un job, un logement ou d'élargir son réseau d'amitiés. C'est un combat de tous  les jours où l'on voit le personnage principal, comme « enfoncé » dans ce corps, tel un pantin, échappant aux règles sociales du silence et de l'immobilisme,  luttant au quotidien contre les préjugés des autres et tentant de les convaincre  qu'il est presque comme eux. 

I swear

Dans sa façon de filmer le réalisateur rappelle un peu le cinéma social britannique, celui d'un Ken Loach quoique l'histoire se déroule dans le paysage bucolique d'une Ecosse provinciale. Mais la vraie trouvaille du réalisateur est d'avoir su transformer une situation triste et douloureuse au départ (ici le Syndrome de Gilles de la Tourette, générateur de plusieurs troubles du comportement, venant s'ajouter aux tics involontaires)  en quelque chose de drôle et lumineux. 

I swear

I swear embarque donc le spectateur dans ce  curieux chemin de rédemption sociale où Jon par ses nombreuses interactions nous rappelle un peu le malicieux et gaffeur Benny Hill. Le long métrage oscille constamment entre drame et comédie avec parfois une petite touche thriller comme dans la scène où Jon, cueilli par la police dans la maison  de son employeur s'accuse  de l'avoir tué. Cela rappelle les insolites sketchs de la série de télévision américaine Alfred Hitchcock presents.  I swear est décidément un bien curieux film  touchant, humble, à la fois  drôle et  triste. L'on peut raisonnablement penser qu'en France ce sera un gros succès populaire, comme le fut par exemple la surprise de Un p'tit truc en plus (2024) de Artus Mauger !

durée : 2 h

I swear, un film de Kirk Jones, biopic, 2025

Avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake

(sortie nationale le  1er avril)













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