lundi 10 septembre 2018

A paranormal evening with Alice Cooper at the Olympia Paris



Intitulé A paranormal evening with Alice Cooper at the Olympia Paris, le nouveau disque du Salvador Dali du rock fait mouche : haute énergie et climat théâtral garantis ! Alice Cooper signe là probablement son meilleur enregistrement live.


Comptant 18 titres (durée : 1 h 30), cette performance live fut enregistrée le 7 décembre 2017 à l’Olympia (Paris), dernière date du Paranormal Tour du pape vieillissant du shock rock. Figure majeure depuis près de cinq décennies de l’entertainment et du hard US tendance grand guignol, Alice Cooper a toujours su osciller sur scène entre cabaret kitch, films d’horreur et parodies surréalistes de l’American way of life. Mais l’on oublie trop souvent que ce croquemitaine du rock, ex alcoolique et rescapé des seventies, est un auteur interprète particulièrement inventif et malicieux, à l’origine de bon nombre de hits majeurs  (« No more Mr. Nice Guy », « Under my wheels »). Idéalement, ce live vient nous le rappeler, puisant largement dans ses grands classiques (I’m eighteen », « Billion dollar babies ») mais aussi dans des compositions plus confidentielles (« Pain » et « Cold ethyl ») de l’univers coopérien.

Alice Cooper - « Pain » live, l'Olympia (Paris), 7 décembre 2017

Composée de Glen Sobel (batterie), de Chuck Garric (basse) et du tonique trio de guitaristes Nita Strauss, Tommy Henriksen et Ryan Roxie, l’excellente formation du Paranormal Tour met haut le répertoire coopérien, des titres les plus anciens  (« Killer », « Halo of flies » (1971) à « Paranoiac Personality » (2017), unique titre d’ailleurs repris de Paranormal, son dernier opus studio. Certains titres en live prennent même une dimension nouvelle comme le superbe « Pain » - propulsé par de capricieuses stridences de guitare et un refrain épique - ou « I’m eighteen », morceau à la fois plombé et hypermélodique ayant pour thème le malaise adolescent. Sur ce dernier titre le jeu subtil des guitares nous oriente définitivement vers  un sublime southern rock presque space - façon Lynyrd Skynyrd. Les titres accrocheurs ne manquent pas d'ailleurs sur ce live comme « Department of youth » avec sa rythmique d’airain et ses chœurs juvéniles ou le surréaliste et très zappaïen « Billion dollar babies » où la voix démentielle de Vincent Furnier se mêle astucieusement aux trouvailles percussives et à de foudroyantes éruptions guitaristiques.

Alice Cooper - « I'm eighteen »live, l'Olympia (Paris), 7 décembre 2017

Le Coop a même ressorti le torride « Halo of flies » aux parfums d’Arizona.  A propos de cette longue pièce théâtrale majeure, orchestrée selon une vision cinématographique, Jean-Charles Desgroux * écrivait récemment : « le concept évolue sans cesse tout au long de ces 8’22 en différentes phases : montées et descentes, paroxysmes et explosions, solo de batterie, passages instrumentaux à la fois acides, dissonants et dadaïstes, transposant en musique ce que le groupe Alice Cooper admire tant dans l’art moderne et décalé ».* On signalera entre autres la reprise de l'émouvant et  expressionniste « Ballad of Dwight Fry » à la beauté toute crépusculaire  préfigurant The Cure ou « Only women bleed », un des  ballades phares du Coop. A 70 ans, Alice Cooper offre donc à entendre un témoignage live des plus percutants et raffinés. Egalement, juste un an après son 27e opus studio, il réaffirme sa place centrale de leader dans l’univers rock décalé et commercial occupé déjà  par Kiss et autres Marilyn Manson.

* Jean-Charles Desgroux, Alice Cooper, Remember the Coop ‘ (page 68) éditions Le mot et le reste, 273 pages, 2015

A paranormal evening with Alice Cooper at the Olympia Paris, Alice Cooper, Ear Music, USA, 2018

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