lundi 26 février 2018

La fête est finie



Propulsé sur un mode réaliste et documentaire, La fête est finie de Marie Garel-Weiss relate le cheminement difficile de deux amies inséparables, cherchant à sortir de l’enfer de la drogue.


Pour son premier long métrage, la scénariste et réalisatrice Marie Garel-Weiss a choisi un thème délicat, celui de l’univers des toxicomanes et de la possibilité de réinsertion. En tout cas, le traitement cinématographique de la drogue n’a rien d’évident.  Entre la grande production quelque peu racoleuse  et glauque  style Moi, Christine F… 13 ans, droguée et prostituée et le ton moralisateur de certains films dissertant sur le mode naturaliste et didactique sur les pauvres malheurs de la jeunesse, le sujet mériterait peut être parfois un peu  plus d’originalité.

La fête est finie

La fête est finie est un petit film d’auteur, tiré en partie de l’expérience de la réalisatrice. Il décrit le parcours de deux jeunes femmes  dont le destin s’entrecroise (Sihem et Céleste). Elles sont paumées et prises dans l’engrenage de la drogue. Dans un climat un peu distant pouvant évoquer un docu-fiction, ce film pudique à la forme simple scrute leur quotidien, de leur arrivée - le même jour - au centre de désintoxication à leur renvoi définitif.  Tentatives de décrochage, rechutes, recherches de travail, de logement, retour aux centres d’entraide... Garel-Weiss décrit minutieusement le parcours chaotique de ces deux femmes livrées à elles-mêmes, montrant que malgré les épreuves, elles ont un potentiel et que leur combat pour la vie n’est pas éteint.

La fête est finie

Elle nous montre aussi sur un mode sans voyeurisme que le rapport fusionnel des deux femmes perturbe par son ambiguité même les interlocuteurs sociaux ainsi que les autres toxicomanes du centre. Le scénario de La fête est finie se profile intéressant. Il  a le mérite de ménager constamment un certain suspense dans l'equisse de portrait psychologique des deux femmes. Celle (Sihem), qui  jouait  un rôle proche d’une mère de substitution  ou d’une grande soeur -  et qui semblait lors de la première partie du film la plus solide -, se révèle en fait   la plus fragile des deux. On signalera  le ton juste et la qualité de composition des deux interprètes :  Zita Hanrot (Sihem) et Clémence Boisnard (Céleste). Egalement, on notera le jeu convaincant de personnages secondaires : membres de la famille, entourage toxicomane, personnel des centres de thérapie et des systèmes d’entraide.

La fête est finie

La réalisatrice s’est inspirée du centre APTE, ouvert notamment par Kate Barry. Finalement, ce qui est assez original et percutant dans le film c’est ce côté discret et furtif. La fête est finie est un film peu démonstratif. Même s’ils y résonnent  forcément les mots emblématiques de la désespérance sociale - chômage, dépression, fragilité du milieu familial, perte de repères ou difficultés de communication - ces derniers ne fournissent pas pour autant les clés de l’histoire de ces deux femmes.  La volonté de vie  de Sihem et de Céleste finira par triompher sur leur pulsion de mort.  Dans La fête est finie, Marie Garel-Weiss nous propose un long métrage à la fois éprouvant et optimiste, offrant une réflexion intéressante sur la possibilité de chacun à connaître la résilience.

durée : 1 h 30

La fête est finie, un film de Marie Garel-Weiss, drame, France, 2017
Avec Zita Hanrot (Sihem) / Clémence Boisnard (Céleste)

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