lundi 2 juin 2014

Unrepentant Geraldines, le nouvel opus de Tori Amos


14e opus de la chanteuse-pianiste et auteure-compositrice Tori Amos, Unrepentant Geraldines s’oriente vers un pop rock aux influences classiques. Après quelques récentes incursions dans la musique symphonique [Gold Dust (2012)] et dans la comédie musicale, à travers l’écriture du conte The Light Princess (2013), Tori Amos effectue un retour aux sources.
La cinquantaine épanouie, la chanteuse américaine offre avec Unrepentant Geraldines une oeuvre plus proche sous la forme musicale du chatoyant The Beekeeper (2005) que de l’exubérant American Doll Posse (2007). Enregistré dans son studio des Cornouailles, le nouveau disque compte 14 titres et dure près d’une heure. Reflétant « le climat Amos », il se profile comme à l’habitude entre protest song et conte étrange avec des textes allusifs, bien à l’image - poétique et acide - de cet univers artistique, réputé féministe, mélancolique et rebelle. Sans être conceptuel, Unrepentant Geraldines s’inspire en partie des expériences d’Amos dans les arts plastiques [la pochette explicite] et de ses goût picturaux. (Le titre « Shades Of Blue » évoque l’oeuvre de Cézanne ; « Maids Of Elfen-Mere, celle de Dante Rossetti - peintre préraphaélite.) Unrepentant Geraldines renoue donc avec une approche simplifiée (piano/voix), optant pour un accompagnement instrumental étoffé de qualité (guitare, orgue, banjo) tout en résonnance avec cette voix si spéciale (entre soprano et mezzo-soprano) à la fois, douce, voilée, sensuelle et un peu rauque) qui a fait la réputation internationale d’Amos.


Tori Amos

D’emblée, l’opus se révèle riche en ballades mélodiques avec d’accrocheurs crescendos piano/guitare (« America », « Trouble’s Lament » aux accents country) et d’agréables rythmologies, comme le soft jazzy « Shades Of Blue » aux légères touches électro ou « Maids Of Elfen-Mere » et « Wedding Day », titres aux réminiscences celtiques. Quant à « Promise » - subtil duo d’Amos et sa fille (Natashya) de 13 ans –, on peut y entendre un crescendo piano/orgue/batterie particulièrement bien ficelé. « Giant’s Rolling Pin » offre une ambiance musicale cabaret/arty sur fond de banjo et cuivres. Enfin « Unrepentant Geraldines », titre swinguant et très attractif, semble tout droit sorti de la pop sophistiquée et nostalgique de l’album Abnormally Attracted To Sin (2009). Au final Unrepentant Geraldines se profile donc un bon cru, attestant que même plus d’une vingtaine d’années après ses débuts, la créativité de Tori Amos est toujours présente. Sans doute, l’opus pèche par un nombre trop élevé de titres dont certains (« Selkie », « Invisible Boy », « Wild Way » ou « Weatherman ») sentent un peu le réchauffé. Mis à part cette réserve sur certaines longueurs, Unrepentant Geraldines est un opus cohérent, original et agréable à l’écoute.

Tori Amos, Unrepentant Geraldines, Mercury classics, USA, 2014


Tori Amos, « « Trouble’s Lament »  live, Birmingham 2014

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