lundi 10 juillet 2017

Rétrospective Thierry-Loïc Boussard



Vue d’expo TLB © Benjamin Gossart

Foisonnante, singulière et captive, l’œuvre de Thierry-Loïc Boussard (1950-2012) est encore largement méconnue. A Bourges, le Centre d’art contemporain Le Transpalette consacre une intéressante rétrospective à ce peintre inclassable.

« Ma peinture on la prend dans sa douleur, dans son bonheur, selon son humeur », confia un jour Thierry-Loïc Boussard. La création de l’artiste peut dérouter, car elle échappe autant aux modes passagères qu’aux habituels repères de l’histoire de l’art. Naviguant quelque part entre abstraction et figuratif, ce qui frappe d’emblée dans cette belle peinture c’est le magnétisme de la couleur ainsi qu’une étrange force martiale et une sorte de douceur qui se dégage de l’ensemble. Depuis ses débuts dans les années 70, cet artiste instinctif et novateur, ayant son atelier à Prunay (près de Bourges), a consacré sa vie à la peinture.

Thierry-Loïc Boussard - Sans titre - Série des drapeaux

Cette rétrospective du Centre Le Transpalette est une belle occasion de découvrir un vrai artiste, qui de son vivant fut ignoré aussi bien des critiques que des galeries et des musées. Boussard trouvait l’inspiration dans des thèmes populaires qu’il érigeait en séries. Ses motifs, il les empruntait au drapeau français, aux coureurs du Tour de France, à des bouquets de fleurs, à des détails simples d’architecture - repérés dans le paysage berrichon - ou encore à de simples maisons ou aux gratte-ciels de New York. Et sans doute une bonne part de la séduction qui émane de son œuvre provient de cette capacité - que l’on devine intuitive - de transformer cette banalité en mystère. Après tout, d’autres artistes et pas des moindres ont su dans leur œuvre magnifier cette notion même de banalité : des affiches lacérées de Jacques Villeglé aux intérieurs confinés de Félix Vallotton en passant par les personnages immobiles et sans charisme de Paul Delvaux ou d’Edward Hopper.

Thierry-Loïc Boussard - Sans titre - Série des maisons 

Il y a bien dans l’œuvre de Boussard cet aspect vague et funambulesque, mais aussi un côté très vivant et pulsionnel. « Sa peinture est un acte de foi envers le monde, la vie et la capacité de l’artiste à réenchanter l’imaginaire », note justement Damien Sausset, commissaire de l’expo. Artiste atypique, Boussard ne signait pas systématiquement ses toiles et n’attachait pas une grande importance aux titres de ses œuvres. Enrichie par des séries emblématiques de sa peinture, la rétrospective est d’autant plus intéressante qu’elle montre en pleine lumière comment à travers ces séries l'artiste interroge et déconstruit à l’infini ses motifs, nous proposant une interprétation surprenante et presque malicieuse, comme par exemple dans sa série des maisons.

Thierry-Loïc Boussard - Sans titre

Egalement, on retrouvera le goût de la liberté et d’une certaine fantaisie jusqu’au choix éclectique des supports de travail de l’artiste : du papier à la toile en passant par des couvercles de pizza, des échantillons de tissus d’ameublement, d’anciennes portes en bois et des sacs plastique. Ce goût de la matière joint à de surprenantes variations chromatiques donne tout le sel à cette oeuvre souvent décorative, à la fois mystérieuse, brutale, raffinée et méditative. Il ne faut vraiment pas hésiter à se déplacer à Bourges pour découvrir l’œuvre de Thierry-Loïc Boussard, ce grand magicien anonyme !

Vue d’expo TLB © Benjamin Gossart

Rétrospective Thierry-Loïc Boussard
Centre d’art contemporain Le Transpalette
Friche l’Antre-peaux
26, route de La Chapelle
18000 Bourges

horaires : du mercredi au samedi de 14 h à 19 h et sur rendez-vous sauf jours fériés
Entrée libre

jusqu’au 17 septembre 2017

A signaler : Paris-Bourges : en TGV (2 h)

Vue d’expo TLB © Benjamin Gossart














































































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