lundi 9 mai 2016

Carlo Scarpa : musicalité des édifices et mise en scène de l’art…

 
Cimetière de la famille Brion, San Vito d'Altivole, 1969 

Magasin Gavina à Bologne, Via Altabella, 1961-63


Carlo Scarpa (1906-1978)

Architecte s’inscrivant d’emblée entre tradition et modernité, Carlo Scarpa s’empare originalement de l’art et de l’histoire.

Une bonne part de son activité consistait à réhabiliter des constructions anciennes [musée du Castelvecchio (1956-64) à Vérone, musée Canova de Possagno (1957) à Trévise, musée Correr à Venise (1957)]. Reflétant à la fois le raffinement formel, l’expressivité des matériaux et l’obsession du détail, son œuvre subtile exprime toute l’audace d’une architecture européenne post-moderne.


Musée Canova de Possagno, Trévise, 1957






Musée Correr à Venise,1957
Les Procuratie Nuove, siège du Musée

Célèbre musée d’art et d’histoire de Venise, situé à l’intérieur des Procuratie, il est consacré à Teodoro Correr, riche abbé qui a donné en 1830 sa vaste collection d’œuvres d’art et de documents. 

 Escalier à l’entrée avec fresques 

Fresques sur le plafond du Musée 


Fondation Querini-Stampalia, Venise, 1961







Peintre intelligent, designer brillant, Carlo Scarpa est une figure de l’architecture du XXème siècle. Il montre à travers une œuvre principalement composée de réhabilitations une synthèse entre rationalisme corbuséen et l’intelligence wrightienne dans l’utilisation des matériaux.
Ses projets démontrent une incroyable virtuosité dans la manière de définir les limites entre les espaces qui composent les lieux de ses interventions.
Cette virtuosité s’appuie sur la qualité du dessin des éléments construits et sur la richesse des modénatures architecturales qui les composent. 

Laurent Alberti, « Le mur à fruit de Carlo Scarpa », Libération, Les lignes de l’architecture, 2009 

 Cimetière de la famille Brion, San Vito d'Altivole, 1969 





L'architecte, disposant pour cette oeuvre monumentale, d'une grande liberté et d'une vraie puissance d'inventivité, y a réalisé ce que l'on considère souvent comme son chef d'oeuvre, tant l'importance du projet lui a permis d'exprimer hardiment ses idées architecturales les plus folles 

René Gimpel, collectionneur et marchand de tableaux







 Museo civico di Castelvecchio, Vérone, 1956 








Instituto Universitario de Arquitectura, Venecia, 1968-78, 1984




Magasin Gavina à Bologne, Via Altabella, 1961-63







Villa Veritti, Udine, 1955-61





vue de la Villa Ottolenghi,
chef-d’œuvre testamentaire de Carlo Scarpa achevé en 1978


Enfant, Carlo Scarpa passait ses vacances d’été chez un oncle vivant à la campagne près de Vicence. L’arpentage répété de cette terra ferma proche de Venise a laissé une empreinte durable dans l’esprit du futur architecte, qui découvrait au hasard des promenades les villas d’Andrea Palladio. Dans ce territoire suburbain, le maître de la Renaissance avait en effet bâti pour la noblesse locale de splendides résidences, où le renouveau de l’antique s’inscrivait dans une stricte géométrie, marquée notamment par l’insistance sur les symétries. A sa façon, Palladio manifestait, dans ses oeuvres, la croyance émergente dans la toute-puissance des mathématiques pour organiser, et donc dominer, le monde, comme les villas figuraient par leur monumentalité le contrôle exercé par le propriétaire sur ses domaines. Un architecte moderne en somme. Son oeuvre a d’ailleurs irrigué, consciemment ou non, les réflexions de plusieurs héraults du mouvement moderne, de Mies van der Rohe à Le Corbusier. Le Vénitien Carlo Scarpa a lui aussi en tête ce prestigieux modèle, lorsqu’il s’intéresse à l’art d’habiter et concevoir des demeures privées. D’une certaine manière, Carlo Scarpa a toujours été un architecte d’intérieur. Qu’il aménage un musée, des bureaux ou qu’il bâtisse des maisons, il embrasse tout « l’environnement du vivre et de l’agir humain », selon l’expression de Giulio Carlo Argan. […] 

extrait d’un article de Jean-François Lasnier « Dans les villes de Carlo Scarpa « ,
paru en ligne dans Connaissance des arts fr, 2015



« J'ai une grande passion pour l'œuvre d'art. J'ai toujours cherché à connaître, à savoir, à comprendre, et il me semble aussi que j'ai d'assez bonnes connaissances critiques. Je ne sais pas écrire, je ne pourrais pas écrire un article critique, mais je ressens vivement ces valeurs. Et alors elles m'émeuvent. En fait, je préfère faire un musée plutôt que des gratte-ciels. » 

Carlo Scarpa

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