lundi 20 janvier 2014

Jean Ginsberg, la modernité cool



© Fabienne Ponsolle
immeuble au  25, avenue de Versailles, Paris 16e, avec Berthold Lubetkin 

Le bâtiment est bourré d’innovations techniques : fenêtres à guillotines escamotables dans les allèges, nouveaux radiateurs, portes métalliques… La composition originale et séduisante est rehaussée par cette colonne qui part du rez-de-chaussée pour s’élancer jusqu’au septième étage 

façade côté cour du 25, avenue de Versailles

D’origine polonaise, Jean Ginsberg (1905-1983) étudie l’architecture à Varsovie puis à Paris. Après avoir été élève de Mallet-Stevens, il commence sa carrière en travaillant chez Le Corbusier puis chez Lurçat. En 1930, il fonde sa propre agence, et construit à Paris trois immeubles caractéristiques [avenues de Versailles et Vion-Whitcomb (16e)]. Si sa production d’après-guerre abondante convainc généralement moins, Ginsberg reste aux côtés d’Abella, Madeline ou Hennequet une des figures discrètes et emblématiques de ce Mouvement moderne. 

immeuble Paris Xe, avec Georges Massé, 1953 
Sculpture fontaine  : « Forme Noire » . Sculpteurs : Pierre Székely, André Borderie 


© Fabienne Ponsolle
Ginberg construit un second immeuble (au 42) en 1934, à nouveau avenue de Versailles mais sur l’autre trottoir. La belle rotonde d’angle, aux verres courbes, ce qui est peu fréquent, sert de pivot pour articuler deux façades très différentes



© Fabienne Ponsolle, immeuble au 5, avenue Vion-Whitcomb, Paris 16e, avec François Heep, 1936


L’immeuble rappelle celui que Le Corbusier a édifié quatre ans plus tôt rue Nungesser et Coli. 

Même structure générale et même porte-à-faux sur deux étages


Maquette d'un immeuble de logements situé aux 181-183, avenue Victor-Hugo, Paris 16e, 1964



 résidence de La Muette, 13-19, rue du Docteur Blanche, Paris 16e, 1953 

Situé dans  à 50 m de la rue Mallet-Stevens et de la maison de La Roche-Jeanneret de Le Corbusier, cet immeuble de 11 étages et de 50 logements est une des premières réalisations sur la base des principes de l'urbanisme moderne à Paris.

Une réflexion a été conduite pour développer des façades moins rigides que la tradition hausmannienne. L'architecte Jean Ginsberg a travaillé sur la dissymétrie, le plein et le vide, l'ombre et la lumière. Le bâtiment est ainsi posé sur pilotis dans un jardin, dégageant les vues. Un soin particulier a été apporté au traitement des mitoyens avec des constructions plus petites 


source : pavillon de l’Arsenal 



immeuble au 55, rue des Belles-Feuilles, Paris 16e, 1952



 composition en mosaïque dans le jardin de l'immeuble



immeuble au 28, place Jules Ferry, Montrouge, 1954



le hall



immeuble rue Canou, Paris 7e, avec Pierre Vigo, 1958
Mosaïque : Victor Vasarely 



 Jean Ginsberg est un des rares architectes français à faire appel à des artistes d’avant-garde 

Vasarely a plusieurs fois collaboré avec lui pour cet immeuble, dont il réalise une importante composition en mosaïque 



immeuble de logement, Paris 10e, avec Georges Massé, 1956 
Composition murale et sculpture : André Bloc 







 résidence de l’abbaye, rue des Capucines, Meudon, 1958



 sculpture : André Bosc 




hall d'immeuble (rue des Belles-Feuilles)

 L’esthétique des bâtiments  de Jean Ginsberg repose sur des conceptions utilisant la répétition stricte d’éléments architecturaux de base, balcon, loggia, baie, traitées selon une plastique simple mais toujours puissante tandis que tous les éléments annexes au bâtiment, en particulier ceux qui échappent à l’industrialisation, sont prétextes à des compositions plus souples

 Philippe Dehan 








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